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Publié le 4 septembre 2014

A propos d'une visite minisitérielle

Accompagné de la Secrétaire d’Etat, Carole Delga, le nouveau Ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a consacré une de ses premières visites d’entreprise à la Scop Acôme, une coopérative de plus de 1.400 salariés, leader sur son marché de la fibre optique.
_ C’est en soi une très bonne nouvelle, saluée comme telle par Jean-Karl Descamp, vice-président de la Région Basse-Normandie et dirigeant de la Ligue de l’Enseignement. C’était, sans doute, aussi pour l’ancien banquier chez Rothschild une découverte.

Cependant les paroles prononcées à cette occasion par le Ministre amènent à se poser quelques questions.

Sans doute induit par la nouvelle appellation de Société coopérative et participative, n’a-t-il pas évalué la profonde différence qui existe entre une SCOP et une entreprise ordinaire : en effet il a, presque exclusivement, tenu à saluer la « participation » des salariés.
Mais il n’a pas évoqué ce qui fait l’essentiel d’une coopérative et singulièrement d'une SCOP : sa propriété collective par les salariés coopérateurs, l’impartageabilité des réserves, l’absence d’actionnaires à rémunérer, l’éminence de l’AG dans la désignation des dirigeants révocables.
Ce sont autant de principes qui révulsent le MEDEF au point que la présence de toute référence au modèle coopératif dans les articles 11 et 12 relatif à la reprise des entreprises par leurs salariés, pourtant au sein d’une loi relative à l’ESS, lui paraissait un « stress » incompatible avec le Pacte dit de Responsabilité et la cogestion de l’économie et du social que, volens nolens, ce dernier implique.

D’ailleurs le Ministre a tenu à préciser que si le modèle était «extraordinairement intéressant », il n’était en aucun cas « généralisable ».
Pourquoi cette affirmation si péremptoire ? Pourquoi contenir ce modèle
«extraordinaire» dans une certaine marginalité ?
De très nombreuses entreprises y compris des ETI (entreprises de taille intermédiaire) comme l’est Acome gagneraient à être structurer en SCOP, ce qui éviterait les dérives financières qui touchent aujourd’hui y compris de nombreux petits et moyens patrons : développer une entreprise non pour asseoir sa pérennité mais pour la valoriser afin de la vendre à bon prix.

En regard, la vivacité du tissu industriel coopératif en Italie est un point d'appui pour une économie financiarisée et donc soumise à la tourmente.


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