Ecologie politique: un suicide en direct parfaitement réussi

Claude-Marie Vadrot  • 1 octobre 2015
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Dans la chronique des péripéties de la décomposition des Verts, qu’il s’agisse de ceux qui partent ou de ceux qui restent, envers et contre tout, il n’est jamais- ou rarement- question de nature ou d’écologie. Comme si seule comptait les tristes palinodies de la mort également annoncée du Front de gauche qui agonise de discours en discours et s’illustre par ses contradictions réactionnaires, au pire, sur l’Ukraine ou la Syrie ou, au mieux, par des rêves sur des changements au cœur du parti socialiste. Ce qui rappelle que face au parti de gauche, seul le parti communiste parait résister à une décomposition que des politologues prédisent pourtant depuis des années. A vouloir marier la carpe et le lapin, les écolos deviennent une espèce en voie de disparition.

Donc, les uns et les autres qui se parent encore de l’étiquette « d’écologistes » oublient leurs fondamentaux, nés des luttes associatives des années 70 et 80 du siècle dernier. Comme s’ils avaient de leur passé récent fait table rase. Les ours, les loups, la biodiversité, le climat qui se dégrade, le recours aux énergies renouvelables, la lutte contre la prolifération nucléaire ne font plus vraiment leurs préoccupations. Ils oublient, saisis par un « gauchisme » parfois dénoncé ou par leur fascination pour un pouvoir qu’ils ont déserté de peur de se salir les mains, à quel point leurs divisions remettent en cause quelques un de leurs acquits, de leur succès. Ils piétinent avec un acharnement dérisoire une histoire commencée en 1974 avec la candidature de René Dumont et la révolte créative du monde associatif. Ils oublient l’espoir qu’ils ont pu soulever aussi bien chez les citadins que dans les espaces ruraux.

Ils sont devenus leur propre caricature et retournent au temps de leurs divisions du début des années 80 quand ils réussissaient à offrir en même temps trois organisations antagonistes aux citoyens qui rêvaient d’un pouvoir verdi par la force d’une société civile dont les victoires ne se basaient pas seulement sur le recours aux tribunaux administratifs et au Conseil d’Etat. Ce faisant, les écologistes abandonnent le terrain à l’écolo-égoïsme triomphant qui ne dénonce des projets que lorsqu’ils menacent son confort et son environnement proche.

Adeptes anciens du recyclage, les écologistes politiques se précipitent têtes baissées vers les poubelles de l’Histoire trop heureuses de les accueillir…

ils seront comptables, comme d’autres, des succès à venir des fascistes du Front national.

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