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Publié le 28 juillet 2016

Attentats: 2000 morts musulmans oubliés en moins d'un an

Les médias, les politiques et l'opinion publique ignorent tous ceux que Daesh tue loin de l'Europe

Le meurtre d’un prêtre en Normandie, tout comme le massacre de Nice, secoue à nouveau et à juste titre l’opinion publique. Laquelle, comme la plupart des politiques, oublie en général rapidement d’autres attentats provoquant encore plus de morts et de blessés dans des pays musulmans. Sans oublier les « petites » actions de Daech qui, au quotidien font des victimes; y compris parmi ce qui reste de chrétiens dans les pays arabes, en Egypte, au Nigéria, en Inde ou au Pakistan, Dans ces régions, les prêtres meurent aussi sous les balles ou les couteaux. je me souviens à la fois des premiers meurtres de chrétiens à Bagdad, au moment, dans la même ville, où leurs compatriotes musulmans étaient tués comme "mécréants"...

Mais la droite et parfois ce qui nous sert de gauche se précipite sur les médias pour réussir un véritable concours Lépine de la bêtise, des propositions stupides et des coups de mentons ou accusations dont chacun sait qu’elles ne sont ou ne seraient d’aucune utilité ni d’aucune efficacité. Ce n'est pas parce que cela se passe en France qu "c'est pire". Le passé récent, en France, en Grande-Bretagne, en Espagne et dans toute l’Europe, en rappelle la preuve.

On préférerait que tous les bons apôtres, les pourfendeurs des assassins se posent des questions, comme on le fait dans Politis, sur les racines des folies meurtrières. Surtout, il faudrait que les vitupérations, les larmes et les commentaires posent les mêmes questions pour ceux qui meurent ailleurs et pour les blessés innombrables qui ne bénéficieront que de soins aléatoires et certainement pas d’indemnités réparatrices. Des victimes abandonnées à leurs sorts et immédiatement vouées à l’oubli. Car cela se passe si loin que les massacres « exotiques » ne suscitent que des commentaires distraits. Comme cette semaine les quarante morts de Qamishli en Syrie qui n’ont eu droit qu’à quelques lignes dans les journaux face au meurtre de Saint Etienne de Rouvray. Des attentats qui ne suscitent, au mieux, que quelques images furtives sur certaines chaines de télévision. Pourtant, il y a largement de quoi s’émouvoir et de se poser des questions et de ne pas oublier au bout de quelques heures.

Depuis la fin de l’année 2015 les attentats revendiqués par Daesh ont tué plus de 2000 personne et blessé des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes qui eux aussi ne demandaient qu’à vivre. De Bagdad dont on vite oublié les 300 morts il y a quelques jours, au Yémen, en Jordanie, en Turquie, au Pakistan, au Kenya, à Dacca ou au Bangladesh, les terroristes ont tué d’autres musulmans. Y compris pendant le Ramadan qui vient de se terminer. Un bilan non exhaustif de 65 attentats, les « petites » bombes et autres voitures piégées ne provoquant « que » quelques morts n’atteignent ni les médias ni les politiques ni les opinions publiques. Comme immédiatement enfouis dans une routine de mort.


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