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Publié le 10 juillet 2017
Deux jours à Notre-Dame-des-Landes

Deux jours à Notre-Dame-des-Landes

« Et après ? »

« Et après ? » : dès le samedi matin, c’est bien cette question qui revient dans les échanges entre militant-es qui installent leurs tables et partagent leurs premiers cafés du week-end. Si l’annonce récente d’une procédure de médiation débouchait – comme tout le monde l’espère et beaucoup le croient déjà – sur l’abandon du projet d’aéroport, que conviendrait-il de faire ensuite ?

La lutte à venir pour l’usage des terres sera aussi âpre, et peut-être plus compliquée que celle d’aujourd’hui, du fait de divergences possibles entre opposants aujourd’hui largement unis.

© Politis

D’ici là, l’air du temps présent est à l’optimisme. Avec peut-être un effet paradoxal : alors que l’édition 2016 avait connu une mobilisation de très grande ampleur suite aux résultats de la consultation locale pilotée par le gouvernement, l’affluence cette année est sensiblement moins importante.

Serait-ce parce que « l’affaire » serait « pliée » ? Les porte-parole ne tiennent eux pas ce discours et appellent toujours à la vigilance et la pugnacité. L'annonce de la nomination de trois médiateurs va ouvrir une nouvelle période cruciale de débats publics. Il est essentiel pour le mouvement de poursuivre la démonstration de la nocivité de l'aéroport et de ne rien lâcher au discours productiviste néolibéral, qui – on le voit d'ores et déjà – reprend une vigueur quasi « prométhéenne » depuis l'élection d'Emmanuel Macron.

© Politis

Sous les chapiteaux écrasés par le soleil brûlant mais pourtant pleins, la convergence des luttes domine les sujets de débats : le collectif des opposants au projet Europacity à Gonesse est l’invité d’honneur, les débats autour des violences policières attirent énormément de participant-es. On sent une envie de revenir à nouveau à un « essentiel » fédérateur, après une séquence électorale longue et démoralisante pour beaucoup.

© Politis

Et « Politis » dans tout ça ?

L’équipe présente pour tenir la belle table du journal s’y attendait : les élections ont laissé des traces, amères chez certain-es. Le reproche est fait au journal de pas avoir suffisamment « pris parti » et de ne pas avoir tu ses critiques – pourtant connues et argumentées – vis-à-vis de certaines des opinions exprimées par le candidat Jean-Luc Mélenchon.

Les débats, courtois, furent parfois vifs. À titre personnel, j’ai dit m’étonner que ce qui plaise dans Politis en dehors des périodes d’élection – son attachement au pluralisme à la gauche de gauche – devienne tristement source de récriminations lorsque s’ouvre une campagne électorale.

Politis, lui, s’attache à ne pas changer. C’est un journal « de journalistes », engagé mais indépendant de tout parti, depuis bientôt trente ans.

Et au terme des deux jours, nourris de riches échanges et des encouragements de nos lectrices et lecteurs anciens et nouveaux, c’est le plaisir du débat et de la lutte fédératrice « retrouvée » qui s’imposait. « On ne lâche rien » !

Valentin Gaillard, président de l’association « Pour Politis »

© Politis


Photos : Valentin Gaillard

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