Amin Dada

Christophe Kantcheff  • 15 février 2007 abonné·es

Le film fait l’événement grâce à son comédien principal : Forest Whitaker. Celui-ci est donné favori aux Oscars du cinéma, qui seront remis le 25 février à Los Angeles, pour son interprétation d’Idi Amin Dada dans le Dernier Roi d’Écosse de Kevin McDonald. La performance de l’acteur est, en effet, époustouflante. Mais elle n’étonnera pas ceux qui l’ont déjà vu dans Bird de Clint Eastwood, ou ceux qui l’auront préféré dans le rôle d’un personnage énigmatique créé par Jim Jarmush dans ce qui demeure l’un de ses meilleurs films, Ghost Dog .

Donc, Forest Whitaker efface le film de Kevin McDonald pour lequel il est encensé, et ce n’est pas plus mal. Car le Dernier Roi d’Écosse , qui voit un jeune Écossais devenir l’« ami » intime d’Amin Dada, avant d’être saisi par une crise de conscience, est on ne peut plus convenu et d’une grande platitude quant à sa mise en scène. Si Kevin McDonald voulait raconter une histoire fictionnelle autour du personnage d’Amin Dada, c’est raté. S’il souhaitait dessiner le portrait du dictateur, c’est aussi raté. Car, avant lui, Barbet Schröder, dans un film autrement plus singulier, Idi Amin Dada, Autoportrait [^2])., tourné avec son modèle quand celui-ci était au pouvoir en Ouganda, avait mis à nu la personnalité de ce « monstre » sanguinaire et immature.

[^2]: Ressorti récemment dans un coffret de 3 DVD chez Carlotta (voir Politis n° 931-932

Culture
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