Dossier : Europe libérale contre urgence écologique

Écologie : le scrutin décisif

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Hors le nucléaire et l’agriculture, l’environnement a le rare privilège d’être sous la compétence du Parlement élu. Le vote du 7 juin sera donc décisif sur deux crises majeures du siècle : le changement climatique et la biodiversité.

On se souvient du vote catastrophique de décembre dernier qui a vu une majorité PPE-ALDE-PSE (en France : UMP-Modem-PS) approuver la capitulation des gouvernements, emmenés par Sarkozy et Merkel, devant la grande industrie polluante ( Politis n° 1032). Cette coalition a imposé un objectif de réduction de seulement - 20 % de gaz à effet de serre d’ici à 2020, soit un réchauffement de 3 à 4 °C de la planète. Mais jusqu’à la conférence de Copenhague, fin 2009, et au-delà, un combat décisif est engagé entre les partisans d’une relance productiviste et le choix d’un New Deal Vert, face à la gravissime crise écologique. De la majorité plus ou moins verte du Parlement dépendra la capacité de renverser les choix de Merkel et Sarkozy, par une relance massive des économies d’énergie et des énergies renouvelables. Encore faut-il se souvenir que les eurodéputés du Parti communiste (aujourd’hui Front de gauche) considèrent comme telle… l’énergie nucléaire !

Tout aussi grave est la crise « alimentation-biodiversité ». La bataille fait rage sur le front des OGM, mais ici le Parlement n’a pas vraiment les clés. Tant que le traité de Lisbonne n’est pas ratifié, il ne peut révoquer une « décision de l’exécutif » (de la Commission Barroso) telle que l’autorisation d’un OGM. Mais le plus grave est l’absence de tout contrôle, par les élus des peuples, sur la politique agricole commune, dans le cadre des traités actuels de Maastricht et de Nice. Or, la PAC actuelle dévaste la paysannerie ici et là-bas, et aboutit à la disette organisée qui ravage le monde. Sur ce point, tout va dépendre, d’une part, du futur cadre institutionnel ; d’autre part, de la majorité au Parlement. Le traité de Lisbonne offre en effet au Parlement le vote du budget de la PAC. D’où la présence en position éligible de porte-parole de la Confédération paysanne (José Bové, François Dufour) sur les listes d’Europe Écologie.

En revanche, la bataille est engagée sur la déforestation, grâce au droit d’initiative législative du Parlement obtenu à Amsterdam. Lutte ouvrière et la LCR devenue NPA avaient pu bloquer, à quelques voix près, la première de ces initiatives, en faveur de la taxe de Tobin ( Politis n° 586). Depuis, une initiative parlementaire a accouché en première lecture d’une directive contre la contrebande des bois illégaux. À suivre dans la prochaine mandature : coup d’arrêt ou pas à la déforestation de la planète. De même, le renforcement de Reach (autorisation des molécules chimiques) dépendra de la prochaine majorité.

Comme en 2004, TF 1 et consorts ont quasiment organisé le black-out sur la campagne européenne. Les dominants n’aiment pas que les dominés votent sur ce qui les concerne ! Mais, aujourd’hui, la situation est trop grave. À nos petits-enfants qui nous demanderont : « Qu’as-tu voté en 2009 ? » , nous ne pourrons pas dire : « Je ne savais pas, je m’en suis fichu. »


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