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Les intermittents ripostent au Medef

Le Medef annonce qu'il veut supprimer le régime des intermittents. Les professionnels du spectacle occupent le ministère de la Culture et appellent à de nouvelles mobilisations.

Les intermittents du spectacle relancent la mobilisation. Un mois avant la fin des négociations autour de l'assurance chômage à l'Unedic, le Medef a déclaré qu'il souhaitait mettre fin au régime des intermittents du spectacle. Retour sur ces quelques événements qui ont relancé la mobilisation.

Lundi 10 février : des marches pour la culture sont organisées dans plusieurs villes de France. Salariés et intermittents défendent ensemble leurs emplois dans un domaine sous-financé et qui ne compte pas parmi les priorités du gouvernement.

Mardi 11 février : Le comité de suivi de la réforme du régime d'indemnisation chômage des Intermittents, réuni à l'Assemblée nationale, demande à Michel Sapin, ministre du Travail, « de se prononcer sur les revendications de la majorité des organisations concernées par l'intermittence du spectacle ».

« Dans un contexte de tension sur l'emploi, de discrimination des chômeurs et de remise en cause de la protection sociale, nous rappelons que le protocole agréé en 2003, injuste, dispendieux et contradictoire avec les pratiques d'emploi des intermittents, est toujours en application. Sa signature avait engendré une mobilisation sans précédent.
Nos propositions alternatives sont justes, vertueuses et totalement adaptées aux pratiques d'emploi des intermittents. Nous proposons un principe mutualiste, redistributif et non strictement assuranciel. L’assurance chômage doit bénéficier à des gens qui en ont besoin

Mercredi 12 février : le Medef annonce, à midi, qu'il veut supprimer les annexes VIII et X de la convention Unedic concernant les intermittents du spectacle (artistes et techniciens). Motif affiché : rétablir l'équité avec les travailleurs qui enchaînent les contrats courts. La CGT Spectacle appelle à la riposte. La coordination des intermittents et précaires parle de « déclaration de guerre ».

Jeudi 13 février : les intermittents organisent une Assemblée générale unitaire (CGT spectacle, FO, Coordination des intermittents et précaires, Syndeac...) au Théâtre Paris-Villette, sauvé il y a pile un an.

Ils rappellent que le Medef est en train de mettre à mal les droits de tous les chômeurs, dont les intermittents. À en croire les messages que leur adresse Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle, depuis la table des négociations à l'Unedic, les discussions ne se déroulent pas tout à fait dans le calme...

« Il faut instaurer un rapport de force, déclare Marc Slyper, de la CGT Spectacle. Le risque serait que le Medef fasse monter la sauce pour que l'on se retrouve à sauver à moitié les annexes VIII et X sans renégociations sur le fond. Tout le monde se sentirait soulagé alors qu'on continuerait avec le système de 2003 qui en a tant exclu. »

C'est la raison pour laquelle les intermittents exigent que les négociations se fassent sur la base de leurs propositions. Au cas où les partenaires sociaux – le Medef et les cinq organisations habilitées – parviendraient à un accord les négligeant, les intermittents exhortent les ministres de la Culture et du Travail à ne pas agréer ce texte. Ce qu'avait fait Martine Aubry en 2001.

« L'objectif du protocole de 2003 n'a jamais été de faire des économies mais d'exclure un certain nombre d'intermittents pour, à termes, supprimer le régime , rappelle Samuel Churin de la Coordination des intermittents et précaires d'Ile-de-France. Aujourd'hui, avec son argument d'équité avec les autres chômeurs, le Medef envisage un nivellement par le bas qui affaiblirait l'ensemble de l'assurance chômage. »

Ce jeudi également, le Syndeac publie sur son site « une étude scientifique et comparée sur l'indemnisation des intermittents » . Celle-ci confirme que les propositions des intermittents seraient plus justes et moins chères de 100 millions d'euros par rapport au système actuel, tout en intégrant 3,9 % d'intermittents supplémentaire, en évitant 70 % de ruptures de droits et en permettant de rétablir un régime de mutualisation.

« L’étude du modèle alternatif défendu par le Syndeac et le Comité de suivi de l’intermittence démontre que deux mesures fondamentales garantissent plus de stabilité aux salariés intermittents tout en privilégiant l’accès à l’indemnisation pour les plus précaires qui en ont le plus besoin : la date anniversaire fixe avec un seuil de 507 heures sur 12 mois et le plafond de cumul des salaires et indemnités chômage. »

Rapport remis au SYNDEAC

Vers midi, les intermittents mobilisés quittent le théâtre Paris-Villette et partent pour « une action » .

Aux alentours de 13 heures, ils entrent en groupe dans le hall de l'un des immeubles du ministère de la Culture et annoncent qu'ils occuperont les lieux jusqu'à ce qu'ils obtiennent un rendez-vous ce jour.

Ils sont finalement reçus par Alexandre Ruf, conseiller d'Aurélie Fillippetti, qui écoute leurs revendications, rappelle « l'attachement de la ministre au régime d'assurance chômage des intermittents » , et demande une heure pour aller en référer aux deux ministres concernés : Culture et Travail.

Illustration - Les intermittents ripostent au Medef

Les intermittents quittent finalement le ministère dans la soirée, après avoir entendu la ministre Aurélie Filippetti assurer :

« Le gouvernement ne reprend nullement à son compte les propositions du Medef concernant la suppression du régime d’assurance chômage des intermittents. C’est même de la provocation. »

Dans un communiqué, les militants de la CGT Spectacle, du Syndeac et de la Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France n'en signalent pas moins « l’incapacité de la ministre à répondre à leur revendication ».

C'est pourquoi ils appellent à des mobilisations nationales les 27 février et 12 mars, dates des prochaines négociations annoncées. Et d'ajouter que le nombre de mobilisés sera déterminant, comme en 2003...


Photos: Ingrid Merckx

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