Marches pour la culture dans plusieurs villes de France

Plusieurs centaines de manifestants ont participé dans plusieurs villes de France à des marches pour défendre les emplois dans la culture. Salariés et intermittents rassemblés avant une nouvelle mobilisation le 12 mars.

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Grands enjeux, petites manifs. Ils n’étaient pas très nombreux à participer à la Marche pour la culture organisée ce 10 février 2014, pour défendre les métiers du secteur et protester contre les coupes budgétaires. Une centaine à Marseille, Lille, Montpellier... peut-être un millier à Paris où rendez-vous avait été donné place de la République, à 13 heures.

Nantes, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Metz... D'autres villes ont répondu à l'appel unitaire lancé notamment par par la CGT Spectacle, FO, la CFTC, le Syndeac et la Coordination des intermittents et précaires. Si l'information a circulé, notamment par le biais d'une pétition pour défendre la culture, elle ne semble pourtant pas avoir passé les réseaux militants.

*« (...) Je suis artiste interprète, je suis technicienne.
Je suis archéologue, je suis bibliothécaire.

Je suis metteur en scène, réalisatrice.

Je suis auteur, compositrice.

Je suis photographe, plasticienne. (...)

Je suis spectateur, spectatrice.

Je suis une citoyenne, un citoyen. (...)

Parce que depuis des années la marchandisation de la Culture, la baisse des budgets mettent à mal ce droit et la liberté de création.

Parce que depuis quelques mois des lois adoptées par le Parlement ont détricoté ces biens communs en visant à déléguer ces compétences de l'Etat, au risque de faire disparaître les directions régionales des affaires culturelles.

Parce qu’il s’agit d’une rupture de l'équité entre territoires et de la solidarité.
Parce qu’il ne s’agit plus de la décentralisation, que nous avons toujours promue.* »

A Paris un camion diffusait le texte de la pétition en le confrontant aux propos tenus par François Hollande pendant la campagne présidentielle :

« La culture n’est pas un luxe dont on peut se débarrasser en période de disette ».

Et pourtant : si le budget de la culture n'a cessé de baisser ces dix dernières années, il encore chuté de 3%, depuis l'arrivée de François Hollande à la présidence. Loin du 1% du budget de l'Etat, il atteindrait désormais à peine 0,3 % et serait donc repassé sous son niveau de 1981. Et ce, malgré les engagements présidentiel de «sanctuariser» la culture.

Premières conséquences : des problèmes d'accès à la culture et des emplois menacés. Les équipes du théâtre Marigny masquées de blanc, et du théâtre Gérard Philippe (Saint-Denis) étaient dans les rangs. Un manifestant portait un cercueil recouvert de Tournesol. Des compagnies et des théâtre ferment, l'Opéra de Paris perd 38 millions d'euros en trois ans sur un budget de 100 millions d'euros.

Illustration - Marches pour la culture dans plusieurs villes de France

«Deux projets de loi sont en route, sur la création et sur le patrimoine. Mais ils ne sont pas inscrits à l'agenda. De toute évidence, la culture n'est pas une priorité pour ce gouvernement» , a déclaré Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT spectacle.

Cette mobilisation intervient dans un contexte également marqué par les négociations avec l'Unedic sur le régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle.

«Aucune date n'est encore fixée, a confié Jérôme Tisserand, de la Coordination des intermittents et précaires. Ce pourrait être à la toute fin des négociations, mi-mars. Le comité de suivi qui se réunit demain va confirmer ce que nous avions déjà annoncé : la réforme que nous proposons coûte moins cher ou l'équivalent du système actuel tout en concernant d'avantage d'intermittents. Reste à savoir si le gouvernement va continuer à préférer un régime par capitalisation plutôt que par mutualisation. Car c'est bien cela qui a motivé les partisans de la réforme de 2003 : pour transformer le système de protection sociale, ils ont commencé par les chômeurs et les intermittents.»

Mercredi ou jeudi, le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles devrait publier des éléments d'une grande enquête réalisée avec l'Université de Picardie sur l'intermittence. De quoi appuyer le projet de réforme défendue par les intermittents.

Cette mobilisation n'était qu'une sorte de rampe de lancement pour une autre plus grande, le 12 mars, date prévue de la fin des négociations avec l'Unedic.

Illustration - Marches pour la culture dans plusieurs villes de France


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