Les intermittents relancent les occupations

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Après avoir occupé le Medef , le 21 février, les intermittents du spectacle occupent le siège de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), ce jeudi, à Paris, cependant que d'autres mènent une action au Medef de Bourgogne, à Dijon.

Paris, jeudi 27 février. - [I.M - Politis->http://www.politis.fr/Les-intermittents-marchent-vers-le,25924.html]À la CGPME , 19, rue del'Amiral-d'Estaing, dans le XVIe, ils sont une cinquantaine depuis 13 h 30. Motif : c'est l'une trois organisations patronales – avec le Medef, et l'Union professionnelle artisanale (UPA) – impliquées dans les négociations en cours à l'Unedic sur l'assurance chômage des intermittents. Les professionnels du spectacle lui reprochent ses positions « fantaisistes » concernant le coût des annexes 8 et 10 de la convention.

« La CGPME ne connaît rien à l'intermittence , constate Denis Gravouil, de la CGT spectacle. Elle maintient des calculs que le Medef n'oserait plus défendre ! Il faudrait qu'elle reprenne les rapports de la Cour des comptes rappelant que ce n'est pas l'intermittence qui grève l'Unedic, mais la précarité. »

À Dijon, le Medef invitait à déjeuner ce midi François Rebsamen, candidat à sa propre succession à la mairie de Dijon et président du groupe socialiste au Sénat. Les intermittents se sont joints à eux.

Aucune des trois organisations patronales ne compte de patrons dans le secteur du spectacle vivant, hormis deux ou trois exceptions.

« Ils cherchent avec les intermittents des pistes pour fracturer la protection sociale » , avertit Denis Gravouil.

« Nous ne voulons pas cracher dans la soupe, seulement la partager ! , clament-ils, à une semaine de l'issue des négociations. *Prêts à imposer un texte – socialement injuste et intenable – aux syndicats de salariés, la délégation patronale (Medef, CGPME et UPA) attaque une fois encore – une fois de trop ! – les plus précaires et les plus fragiles d’entre nous, les intérimaires et les intermittents, en voulant les “reverser” au régime général [1].

Si nous nous invitons dans cette Maison des entreprises, c’est parce que Medef, CGPME et UPA sont totalement ignorants des réalités de nos métiers, qu’ils entendent pourtant régir au sein de la solidarité interprofessionnelle (deux termes qui leur conviennent décidément bien mal ! [2]). En cherchant à édicter un texte réducteur et économiquement contestable, vous êtes bien loin d’un esprit de négociation, et faites montre d’un dogmatisme et d’une idéologie de bas étage [3]. Nous sommes venus vous dire, mesdames et messieurs les entrepreneurs de France, que nous sommes certainement aussi entreprenants que vous, incontestablement beaucoup plus créatifs, et que nous récusons le fait que vous vous arrogiez des droits sur nos existences ! »*

Les intermittents appellent à élargir encore la mobilisation les 12 et 13 mars à l’occasion de « l’ultime » séance de négociation, à Paris comme en régions. Le 12, c'est pour interpeller le gouvernement sur le budget de la Culture. Le 13 c'est pour défendre le régime d'assurance chômage des intermittents.


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