Dossier : Les luttes essentielles déconfinées

Les luttes essentielles déconfinées

La crise du coronavirus, en déstabilisant nos sociétés et le modèle économique néolibéral, a renforcé les aspirations à un « monde d’après » écologique, équitable, solidaire et démocratique.

Le 17 mars 2020, début du confinement en France, l’aiguille des sismographes s’est brusquement calmée : du jour au lendemain, les vibrations au sol provoquées par les activités humaines avaient chuté d’un tiers. Et à mesure que la population, à travers le monde, s’est trouvée contrainte de rester chez elle afin de limiter la propagation du coronavirus, cette composante des secousses telluriques s’est estompée sur les appareils de mesure.

Fin mars, jusqu’à 3,4 milliards de personnes, près de la moitié de l’humanité, se sont retrouvées simultanément confinées. Les avions ont disparu du ciel, l’atmosphère est redevenue limpide, le piaillement des oiseaux s’est imposé dans le fond sonore des rues. Partout la nature a regagné des positions. Et ce n’est pas le seul signe percutant délivré par cet événement unique dans l’histoire de notre société mondialisée : un micro--organisme rudimentaire avait enrayé en quelques semaines le mouvement de l’hégémonique civilisation humaine.

L’esprit échoue à comparer valablement cette crise sanitaire et ses conséquences à un événement global connu. Si la chute du Mur et l’effondrement du bloc communiste ont marqué un basculement majeur dans l’histoire récente de l’humanité, il a été vécu par procuration pour la plupart d’entre nous. L’événement Covid-19, trente ans plus tard, a une dimension inédite : toute la -population planétaire, ou presque, l’a expérimenté et l’expérimente encore dans son intimité, par un aspect ou un autre – maladie, décès, confinement, perte d’activité, peur de la contamination, modification des habitudes de vie, crainte d’une « deuxième vague », incertitude quant à un « retour à la normale »…

Pour homogène qu’il soit, ce vaste balayage n’a pourtant rien d’égalitaire : les populations les plus démunies en souffrent bien plus que celles qui ont des ressources pour s’abriter confortablement, télétravailler, tenir le coup face à l’immense crise économique qui se déploie. Cependant, une vérité forte en a émergé : partout les fondements du néolibéralisme, qui a imposé la primauté de la rentabilité économique, ont été pris en défaut par la pandémie. La mondialisation des échanges, transport aérien en première instance, a permis la fulgurante propagation du virus sur la planète. La délocalisation de nombreuses productions industrielles vers des pays à faible coût de main-d’œuvre ainsi que la pratique du flux tendu des marchandises ont généré d’impensables pénuries – masques, matériel médical, médicaments, etc. – dans des pays orgueilleux de leur stature économique comme la France. Et s’il n’est pas clairement établi, à ce jour, que l’émergence de ce virus soit liée au bouleversement des écosystèmes, c’est en revanche le cas pour de nombreux autres dangereux pathogènes, dont les biologistes nous disent qu’ils sont appelés à se multiplier à l’avenir.

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