Dossier : Étudiant·es : La grande détresse

Pour les étudiant·es, des mesures « à 1 euro »

Avec une unanimité qui témoigne de l’urgence de la situation, les organisations étudiantes dénoncent l’insuffisance des réponses apportées par le gouvernement à la crise.

Sur le papier, les mesures font impression. Le 21 janvier, alors que les universités sont fermées depuis fin octobre afin de limiter la propagation du Covid, le président de la République lâchait du lest, autorisant un retour de l’enseignement en salle à raison d’une journée en moyenne par semaine. L’État fournira aussi aux étudiant·es, deux fois par jour, des repas au prix de 1 euro, ainsi que des « chèques psy » leur donnant accès à des consultations gratuites en santé mentale.

« Nous réclamions depuis des semaines des mesures de cette nature, c’est une victoire des mobilisations étudiantes. Pour autant, pas question de baisser la garde car ces mesures sont largement insuffisantes », tempère Mélanie Luce, présidente de l’Union nationale des étudiants de France (Unef).

Car, avec la crise, l’isolement dans les études, la précarité économique et la fragilisation psychologique, ces trois grands marqueurs classiques des difficultés de la vie universitaire visés par ces mesures, ont bondi. L’Observatoire national de la vie étudiante (OVE) a analysé l’impact du premier confinement, du 17 mars au 11 mai 2020.

« Alors que 40 % des étudiant·es déclarent travailler pendant leurs études, l’effet le plus massif et le plus évident, ce sont les pertes d’emploi », souligne Olivier Rey, président du collège scientifique de l’OVE. Dans quatre cas sur cinq, il s’agit de « jobs » alimentaires, majoritairement « indispensables pour vivre », notamment pour les étranger·es. Or, ils proviennent très majoritairement d’activités touchées de plein fouet par la crise : garde d’enfants, commerce, soutien scolaire, restauration, hébergement, événementiel, etc. Pendant le premier confinement, 36 % des étudiant·es ont perdu leur travail, et pour les trois quarts été écarté·es du dispositif de chômage partiel. « Et il faut considérer en sus une diminution de l’aide apportée par les familles, la principale ressource des étudiant·es (1) », commente Olivier Rey.

La Fédération des associations générales étudiantes (Fage) mesure cette précarisation économique à la fréquentation de ses épiceries solidaires Agoraé. Une explosion. « Elles ont vu passer plus de monde entre mars et septembre 2020 que depuis leur création, il y a dix ans ! », relate Paul Mayaux, président du réseau. Sur le campus d’Aix-Marseille, le nombre de bénéficiaires a même quadruplé entre septembre et fin octobre, passant de 400 à 1 200.

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