« Afrofuturistik » : Regards vers le futur

Afrofuturistik rassemble cinq courts métrages explorant l’avenir, réalisés par de jeunes cinéastes africains.

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Impulsé en 2013 par la journaliste franco-burkinabé Claire Diao, cofondatrice de la revue panafricaine de cinéma Awotele et gérante de la société Sudu Connexion, le projet Quartiers lointains s’attache à faire connaître de jeunes cinéastes africains (ou issus de la diaspora africaine) via des florilèges de courts métrages mêlant fiction, documentaire et (parfois) animation. Ces florilèges sont diffusés en salle, surtout en France, aux États-Unis et dans divers pays d’Afrique.

Chaque livraison embrasse une thématique particulière. Intitulée Afrofuturistik, la nouvelle sélection s’inscrit dans l’orbite de l’afro-futurisme, cet expansif courant théorique et artistique tendant à appréhender le futur du point de vue de la communauté africaine ou afro--américaine. Grand maître des odyssées musicales interstellaires, le flamboyant jazzman Sun Ra en est le représentant le plus emblématique. Gravitant tout entier dans cet univers, le film Space Is the Place (1974) – alliage détonant de science-fiction psychédélique, de jazz cosmique et de critique sociopolitique – apparaît comme le classique absolu du cinéma afrofuturiste.

Des cinq courts métrages réunis dans Afrofuturistik, Hello Rain, du Nigérian C.J. Obasi, moderne conte de fées à résonance féministe qui narre les aventures hautes en couleur de trois femmes coiffées de perruques leur conférant des pouvoirs magiques, est sans conteste celui qui part le plus loin dans l’espace.

Très bref (4 minutes), porteur d’une satire enlevée mais un peu convenue du milieu de l’art contemporain, This One Went to Market, du Kenyan Jim Chuchu, manque en revanche de relief.

Périple halluciné dans -Kinshasa, visant à secouer les vivants et à les extraire de leurs routines mortifères, Zombies révèle en Baloji, excellent musicien congolais (installé en -Belgique), un réalisateur prometteur, doté d’une inventivité débridée sur le plan tant visuel que sonore.

Beaucoup moins trépidant, Qu’importe si les bêtes meurent, de la Franco-Marocaine Sofia Alaoui, décrit, avec une grande finesse suggestive, l’effet produit par un événement surnaturel sur un jeune berger et son père qui vivent isolés dans les montagnes de l’Atlas.

Enfin, flottant comme en apesanteur entre documentaire et science-fiction, Ethereality, de la Suisso-Rwandaise Kantarama Gahigiri, véhicule une méditation sur le sentiment d’appartenance aussi originale que captivante.


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