5 raisons de voter (pour Macron) contre Le Pen

Entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, beaucoup affirment qu’ils ne choisiront « ni la peste ni le choléra ». Le dilemme du pire se prépare. Mais au bout de la réflexion, ce choix semble surtout être conditionné par la nature réelle de l’extrême droite.

Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Que faire dans les urnes le 24 avril prochain ? Voilà la question présente dans toutes les têtes des électeurs de gauche, grands déçus de ce premier tour, comme pour tous ceux pour qui Emmanuel Macron constitue un repoussoir. Désormais, il s’agit de choisir : s’abstenir, voter blanc, faire barrage ou, pour certains, mettre un bulletin Marine Le Pen dans l’urne. Les consignes de vote abondent et les débats sont déjà vifs. Face à l’extrême droite, les arguments en faveur d’un vote (Macron) contre Le Pen existent pourtant bien.

1. Parce que voter Macron, c’est avant tout voter pour les autres.

Ceux qui seront pleinement concernés par les mesures discriminatoires et racistes prévues dans le programme de Marine Le Pen, si elle arrive à être élue. Car si l’extrême droite a réussi à adoucir son image au point d’être banalisée du fait d’une stratégie politique qui se compte en années, d’une complicité médiacratique et d’un candidat, Éric Zemmour, qui semblait encore plus extrême qu’elle durant cette campagne, son projet est le même que celui de la période Front national : la « préférence nationale ». Une idée venue de l’esprit de Jean-Yves Le Gallou, ancien cadre du parti, au milieu des années 1980 et toujours présente aujourd’hui sous un autre nom, la « priorité nationale ». « Je suis une adepte résolue de la priorité nationale et je vais la permettre par l’intermédiaire du référendum sur l’immigration que je vous proposerai », affirmait Marine Le Pen, le 12 septembre 2021 à Fréjus, dans le Var. Les mots peuvent changer mais le concept est le même, colonne vertébrale de tout son projet : restreindre l’accès à l’emploi ou aux demandes de logement social, conditionner l’accès aux prestations de solidarité « à cinq années de travail en France », réserver les aides sociales aux Français, mettre fin à l’accueil des mineurs non accompagnés, supprimer l’aide médicale d’État (AME), supprimer le droit du sol, limiterl’accès à la nationalité « à la seule naturalisation sur des critères de mérite et d’assimilation », supprimer l’autorisation de séjour « pour tout étranger n’ayant pas travaillé depuis un an en France », etc.En résumé, une légalisation de la discrimination envers les étrangers. Juste avant le premier tour, l’écrivain Édouard Louis pointait les postures de certains électeurs vis-à-vis du vote : « On vote pour se faire plaisir à soi, se constituer esthétiquement auprès des autres, et pouvoir s’endormir le soir en se sentant fier – et tant pis si ce petit plaisir esthétique qu’on se donne contribuera à la persécution des classes populaires ou des réfugiés. » Cette réflexion pourrait bel et bien se poser pour beaucoup le 24 avril au matin.

2. Parce que Le Pen représente un danger pour l’État de droit.

Pourtant, elle l’affirme haut et fort : « Moi, je respecte l’État de droit », sur BFMTV le 22 mars, lorsqu’il s’agit de s’opposer au concept de « remigration », émis par Éric Zemmour, qui se proposait d’y dédier un ministère. Mais son programme présente pourtant de grosses entorses à ce qu’elle prétend défendre. En instaurant un droit différencié par l’application d’une « priorité nationale », vieille antienne, elle ne respecterait pas le principe d’égalité devant la loi. Contraire aux fondements de la Constitution de 1958, au préambule de 1946 mais aussi à la Déclaration des droits de l’homme de 1789. Mais elle n’en a que faire : pour elle, il faut organiser un référendum dès qu’elle est élue. Héritage bonapartiste inhérent à sa famille politique.

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