José Bové : « Pourquoi je suis candidat »

Expliquant les raisons qui le poussent finalement à se présenter à la présidentielle, le militant altermondialiste annonce trois thèmes phares
pour sa campagne : le « vivre ensemble », l’écologie et l’antilibéralisme.

Claude-Marie Vadrot  • 1 février 2007 abonné·es
José Bové : « Pourquoi je suis candidat »

Dans un troquet populaire de Versailles, apercevant José Bové, une dame se lève et se précipite : « Je ne me trompe pas ? Vous êtes bien celui qui se bat pour qu'on ne mange plus de la merde ? Continuez, s'il vous plaît ! » Une autre, un curieux chapeau vert très versaillais sur la tête, s'approche et tend la main : « Bravo, monsieur Bové, allez-y, ne vous laissez pas faire ! » Et quand le leader altermondialiste quitte le bistrot pour rejoindre le palais de justice de Versailles, le patron, approuvé par les clients au comptoir, lui lance un sonore : « Bonne chance, allez-y ! »

C'est peut-être aussi parce qu'il entend beaucoup d'encouragements sympathiques dans les rues et dans les trains que l'ancien jeune libertaire, qui s'installa en 1975 comme éleveur de brebis sur le Larzac, dans une ferme délabrée guignée par l'armée, annoncera, ce jeudi 1er février, qu'il se présente à l'élection présidentielle de 2007. Il a déjà réuni une bonne centaine de promesses de signatures d'élus. Elles viennent couronner de longues années de syndicalisme agricole, d'activisme antinucléaire et de militantisme altermondialiste.

Au-delà de la volonté exprimée par les collectifs antilibéraux, José Bové a cru comprendre qu'il faisait l'objet d'une forte demande de la part d'une partie de la population. Et de gens appartenant à des milieux très divers. « Bien qu'ils me voient souvent à la télévision, les gens sentent probablement que je ne suis pas extérieur à leur monde, que je n'appartiens pas à une caste, que je ne suis pas un individu hors sol, que je suis vraiment issu de la société civile, explique-t-il *. Alors, ils m'encouragent, viennent bavarder avec moi ou me donner

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Politique
Temps de lecture : 9 minutes

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