Tous au Larzac, de Christian Rouaud : une épopée fordienne

Tous au Larzac donne la parole aux acteurs du combat. Un film haletant, loin de la nostalgie.

Christophe Kantcheff  • 24 novembre 2011 abonné·es

Avant de réaliser Tous au Larzac , Christian Rouaud a revu quantité de westerns, pour en réviser la structure, la composition. Et, en effet, il y a quelque chose de fordien dans son film, ne serait-ce que dans cette très belle scène où Marizette Tarlier se trouve devant la tombe de son défunt mari, Guy, qui fut le leader incontesté des paysans en révolte non-violente sur le Larzac au long de la décennie 1970.

Illustration - Tous au Larzac, de Christian Rouaud : une épopée fordienne

Cette histoire d’amour s’entremêle à celle de la lutte, dont témoignent neuf personnages, des « historiques », de Léon Maillé à Michel Courtin et Pierre et Christiane Burguière, en passant par José Bové, Christian Roqueirol ou le curé Pierre Bonnefous.

Guy Tarlier a disparu, il est pourtant extrêmement présent, et pas seulement grâce aux petits films en super 8 de Léon Maillé, qui servaient à donner des nouvelles de la lutte à tous les comités Larzac en France.
Toujours passionnant, et même haletant – car Christian Rouaud a le sens du rythme et du spectacle –, Tous au Larzac n’est en rien un film nostalgique. Peut-être peut-il donner quelques idées pour les luttes de 2011. Surtout, il donne à voir neuf personnes qui ont été transformées par ces années exaltantes et qui en ont tiré, jusqu’à aujourd’hui, un évident goût de vivre, de partager, d’être ensemble.

Culture
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