À flux détendu

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Succès extraordinaire pour le distributeur et producteur Vincent Maraval ! Je ne parle pas d’un de ses films, mais de la fameuse tribune qu’il a fait paraître dans le Monde le 29 décembre. Elle a fait couler depuis des hectolitres d’encre numérique, et les remous suscités ont même décidé la ministre de la Culture à organiser prochainement un grand raout sur le mode de financement du cinéma français. Un pavé dans une mare qui n’attendait que ça, de déborder.

La dénonciation à la truelle des gros salaires et de la logique inflationniste du système de financement à laquelle s’est livrée Vincent Maraval a eu au moins le mérite de rendre publics certains débats, même si elle oubliait l’essentiel : ce système, dont il faut à juste titre critiquer les défauts, mais dont les principes sont vertueux, car mutualistes et régulateurs, est plus que jamais sur la sellette de la Commission européenne. Les technocrates de Bruxelles partagent en effet cette passion avec les libertaires les plus fervents de vouloir déréguler les mécanismes de solidarité.

Restent cependant des problèmes, dont les cachets exorbitants témoignent. Ils sont la conséquence du statut de « bankable » obtenu par une poignée d’acteurs, réclamés comme une garantie par les partenaires financiers – en premier lieu les chaînes de télévision, obnubilées qu’elles sont par les projets « fédérateurs », et dont les craintes et les contraintes déteignent sur toute la filière jusqu’aux scénarios eux-mêmes. Pendant ce temps, un accord controversé préparant une convention collective du secteur et prévoyant des hausses de salaires pour les techniciens était approuvé par la même ministre de la Culture. S’il restait en l’état, de nombreux films fragiles ne pourraient plus se faire ou dans des conditions plus dures encore. Où l’on voit que dans le cinéma, comme ailleurs, les idées simples ne sont pas toujours les meilleures.


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