Rythmes scolaires : le grand bricolage

2013 est une année test. Les communes passant à la réforme vont essuyer les plâtres.

Ingrid Merckx  • 29 août 2013
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Cette rentrée, la semaine d’école repasse à quatre jours et demi dans environ 20 % des écoles. Mais pour faire quoi ? La demi-journée d’enseignement supplémentaire – le mercredi matin le plus souvent, sinon le samedi matin – servira-t-elle aux apprentissages fondamentaux ? Les trois heures de temps périscolaire gagnées seront-elles employées pour des activités éducatives suivies ou saucissonnées en temps de garderie ? Tout dépendra des communes. Celles ayant choisi d’appliquer la réforme des rythmes scolaires dès 2013 sont généralement déjà un peu organisées. C’est-à-dire qu’elles s’appuient souvent sur des projets éducatifs locaux solides et un bon passage de relais entre l’Éducation nationale et le personnel municipal ou associatif. Mais les autres ? Celles qui n’ont pas les moyens financiers et humains d’un périscolaire de qualité ? Comment imaginer des fonctionnements intéressants quand même les communes riches se contentent pour beaucoup d’un grand bricolage ? Et quelle garantie de gratuité ? 2013 est une année test. Les communes passant à la réforme vont essuyer les plâtres dans des conditions particulières puisque le ministre de l’Éducation les fait bénéficier d’un fonds d’amorçage. En outre, avec les municipales en ligne de mire, les maires vont s’appliquer. Sans bonus et sans élections, la réforme s’annonce plus difficile en 2014 pour les autres communes. Mais, au moins, la concertation s’y poursuit-elle. Et la réflexion : cette réforme des rythmes scolaires tient-elle seulement compte des rythmes de l’enfant ? Ce grand chambardement va-t-il améliorer l’école et réduire l’échec scolaire ? Était-ce vraiment une priorité ? La réforme se met en place dans la précipitation quand son organisation, justement, réclamait du temps.

Publié dans le dossier
Rythmes scolaires : Le grand bricolage
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