« Je-n’y-suis-pour-rien » (« À flux détendu »)

Le gouvernement a décidé cette année une diminution de 11 milliards de dotations aux collectivités territoriales.

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Les alertes viennent de toutes parts. Le 10 décembre, à l’initiative du Syndeac, ils étaient des centaines à investir le théâtre de la Colline, à Paris – comédiens, compagnies, chorégraphes, metteurs en scène, directeurs de centre d’art et de scène nationale – pour lancer un « appel » solennel intitulé : « Pas de culture sans artistes ». En novembre, la plupart des orchestres et maisons d’opéra, à Paris et en régions, ont mené une campagne pour signifier leur refus de toute tentative de baisse de crédits de la part des élus territoriaux. On a appris depuis que l’Opéra national de Montpellier, l’orchestre d’Avignon, les Musiciens du Louvre Grenoble ou encore les Arts florissants étaient dans le collimateur. Si c’est bien au niveau des collectivités locales que le danger est le plus pressant, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, frise l’hypocrisie quand elle se décharge de ses responsabilités en dénonçant les « choix politiques » de celles-ci. Madame la ministre « je-n’y-suis-pour rien » n’est-elle pas solidaire d’un gouvernement qui a décidé cette année une diminution de 11 milliards de dotations aux collectivités territoriales ? N’est-elle pas, en outre, l’une des plus orthodoxes vis-à-vis de la pensée présidentielle, dans laquelle l’art et la culture n’entrent jamais que par effraction ? Et une grande majorité des collectivités territoriales n’est-elle pas dirigée par le parti auquel elle appartient ? Quelle politique culturelle défendent le gouvernement et le parti socialiste ? Y répondre, c’est pénétrer dans les limbes d’un dossier où la parole technocratique a pris le dessus pour cacher la pauvreté d’une réflexion et les ravages d’une politique d’austérité. Les intermittents, dont le régime reste fragilisé, en savent quelque chose, eux qui, par l’intermédiaire de la CGT-Spectacle, appellent à une journée d’action ce vendredi.


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