Dossier : L'Amour au temps du libéralisme

L’amour en temps de crise

Et si l’amour était le début du regard sur l’autre, le premier groupe, la solidarité suprême, l’absolu compagnonnage ?

Cet article est en accès libre. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas se financer avec la publicité. C’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance : achetez Politis, abonnez-vous.


« La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? », dixit … Laurence Parisot, ex-patronne du Medef, pour justifier la généralisation de la précarité. Ce pourrait être l’intitulé d’une épreuve de philo. La précarité, c’est quoi ? La mortalité ? La fragilité ? L’absence de droits ? La désaffiliation lente qui dénoue les liens tissés par une personne jusqu’à ce qu’elle se retrouve, de licenciement en divorce, puis en perte de logement et peut-être en maladie, sur le trottoir, brisée ? Difficile de ne pas penser aux Amants du Pont-Neuf  (1991), où Leos Carax filme les amours de deux vagabonds incarnés par Juliette Binoche et Denis Lavant. À leurs embrassades et à leurs fous rires sur le bitume, à leurs bleus et à leurs bosses, depuis le centre d’hébergement d’urgence de Nanterre jusqu’aux bords de Seine, où ils se réfugient. « Dans un contexte macrosocial où les identités sociales et professionnelles sont flottantes, l’homme et la femme cherchent à se construire dans un espace-refuge, à l’abri des regards indiscrets », écrit le philosophe Gilles Lipovetsky dans le Crépuscule du devoir (1992). Et si l’amour était le début du regard sur l’autre, le premier groupe, la solidarité suprême, l’absolu compagnonnage ? Pour les Amants du Pont-Neuf, les Rita Mitsouko ont écrit une chanson qui dit : « Les amants le font de cœur/Parce que l’union fait la force/Et leurs traits s’unifieront/Jusqu’à se ressembler/Pour le pire et le meilleur/Jusqu’à y crever leurs forces/Ils marchent sans sourciller/D’un pas irrégulier.  »


Photo : LES LUMIÈRES DE LA VILLE
(1931, Charlie Chaplin, avec Virginia Cherrill et Charlie Chaplin)
Il laisse croire à la belle aveugle qu’il est riche… La scène de la rencontre a nécessité 342 prises : comment percevoir la richesse autrement que par la vue dans un film muet ?
Photo12.com/Collection Cinema/Photo12/AFP

Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.