Le meilleur de la rentrée ( « À flux détendu »)

La rentrée est désormais moins un motif mélancolique qu’un label commercial.

Cet article est en accès libre. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas se financer avec la publicité. C’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance : achetez Politis, abonnez-vous.


Alors rentrons. C’est le mot à la mode en cette période. Même si pour certains, de plus en plus nombreux, il n’y a pas eu cet été de sortie (du boulot qu’ils n’ont pas, de chez eux pour la plage ou les pays lointains…). Mais la rentrée est désormais moins un motif mélancolique –  « Que c’était bien les vacances !… »  – qu’un label commercial. Exemple : la rentrée « littéraire », qui voit fleurir de multiples listes des « meilleurs romans » de l’automne comme autant de conseils d’achat. Chaque rentrée voit ainsi s’établir des comices agricoles où l’on soupèse les mérites de poulains tout frais livrés en librairie, selon des critères – le poids médiatique, le petit scandale judiciaire, l’excitation people, les bonnes relations avec tels éditeurs… – tous, bien sûr, éminemment littéraires. Nous ne ferons pas de liste des « meilleurs romans » dans ces pages, même si bien entendu nous traiterons de livres qui sortent ces jours-ci (comme celui de Mathieu Riboulet, voir ici), parce qu’une œuvre littéraire n’est pas une copie d’écolier et que nous laissons cela aux guides de consommation culturelle. Tout de même, j’avoue m’être délecté cet été de l’un des « meilleurs essais » non pas de la rentrée mais sur la rentrée politique. Lisez plutôt ce passage où l’auteur commente un article de journal qui fait l’éloge de la République française : « On a oublié, écrit-il, que la république sera toujours soupçonnée. Et que le président n’a pas une seule idée politique hormis le “ j’y suis j’y reste”. Et il est dit qu’il en sera ainsi éternellement pour la France, que chaque gouvernement doit avant tout se soucier de son installation et de son enracinement et, par conséquent, seule la moitié de ses forces peut être employée pour la France, et le reste pour lui-même. » Ces mots, datés de 1875, sont extraits des Carnets d’un des « meilleurs auteurs » de tous les temps : Fiodor Dostoïevski.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.