Disparition : Denis Roche

Poète, traducteur, éditeur, écrivain, photographe, il a été l’une des grandes personnalités de la vie culturelle française de la seconde moitié du XXe siècle.

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Mort le 2 septembre à 77 ans, Denis Roche avait plusieurs cordes à son arc. Poète, traducteur, éditeur, écrivain, photographe, il a été l’une des grandes personnalités de la vie culturelle française de la seconde moitié du XXe siècle. Dès son premier recueil de poésie, Forestière Amazonide, publié en 1962 à 24 ans, Denis Roche a marqué les esprits par son audace et sa virtuosité. Dix ans plus tard, il mit un terme à sa production poétique, dont l’intégralité a été reprise en un volume au Seuil en 1995 sous ce titre splendide : La poésie est inadmissible. C’est l’œuvre d’un défricheur, qui influence encore nombre de poètes et d’écrivains aujourd’hui. Défricheur, il l’a été aussi en tant qu’éditeur, avec la collection qu’il a créée au Seuil en 1974, « Fiction et Cie », qui a coïncidé avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’éditeurs au sein de la célèbre maison d’édition et un œil neuf porté sur la littérature qu’on pouvait y publier. Jean-Luc Benoziglio, Margaret Buber-Neumann, Susan Sontag, Maurice Roche, Thomas Pynchon, Robert Coover, Bruno Bayen, Chloé Delaume, Pascale Casanova… font partie des auteurs qui témoignent de l’exigence du catalogue en même temps que de l’éclectisme de son responsable. « Je me suis bien amusé », a-t-il déclaré, en 2005, quand il a quitté ses fonctions d’éditeur. Une élégante façon de signifier combien il a pu exercer sa liberté.


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