À Paris, un rassemblement d'envergure, malgré des tensions

Les manifestations contre la loi travail ont rassemblé plus d’un million deux-cent-mille personnes dans toute la France, selon la CGT et FO. Que ce soit à Toulouse, Lyon, Rennes ou Paris, la revendication était la même : le retrait.

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Paris. Sous une pluie battante et ininterrompue, des dizaines de milliers de manifestants ont choisi de battre le pavé ce jeudi 31 mars. Moins de pancarte cette fois-ci et plus de parapluie, mais toujours un même slogan qui retentit : «Tous ensemble, grève générale.»

Retraitée, Rose-Marie se sent elle aussi très concernée par cette loi. Même si elle ne fait plus partie des travailleurs_, elle reste farouchement opposée à la «_régression», et c'est exactement ce que la loi travail représente pour elle. Toujours syndiquée chez FO, elle pense non seulement aux «salariés, mais aussi à ses enfants et petits-enfants». L'ancienne directrice d’école, est d'ailleurs aujourd'hui partisane d’un blocage, puisque «le gouvernement ne fera rien tant que l’économie ne sera pas bloquée. Il faut garder les mêmes revendications, à savoir le retrait. Et surtout, ne rien lâcher ! »

Si la manifestation a commencé dans le calme, la situation a rapidement dégénérée et virée à l'affrontement à peine arrivé à mi-parcours. C’est donc dans un quasi silence qu’elle s’est tristement achevée, les traditionnelles chansons laissant place aux bruits des détonations des gaz lacrymogènes.

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Ciblés par les violences policières, les manifestants ont témoigné de leur exaspération vis-à-vis de la situation. « Nous sommes venus pour manifester, et nous nous retrouvons au milieu des affrontements. Je crois quil y a d’autres moyens de prendre la rue», regrette une manifestante, qui fait allusion aux provocations incessantes d'une trentaine de personnes, qui n'ont pas hésité à balancer toutes sortes d'objets contre les CRS, mais aussi à proximité des différents cortèges.

Pour que cessent les violences, et que le rassemblement puisse arriver à Nation, la destination finale, les manifestants se sont parfois interposés, au risque d’être eux-mêmes pris pour cible. À l’issue de la manifestation, des dizaines de personnes avaient déjà été interpellées, ainsi qu’à Toulouse, Nantes ou Grenoble.

Cela-dit, avant même les échauffourées, les CRS étaient déjà très présents dans les rangs de la manifestation.

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Certains, habillés en civils ont d’ailleurs pratiqué des fouilles aux corps, sans raison évidente. C’est en tout cas ce qu’affirme un jeune garçon, après avoir été «palpé» par un policier : «Nous ne savons pas pourquoi ils nous ont fouillé nous en particulier. En fait, ils ne nous ont pas donné de justifications.»

Du côté de Tolbiac

Réunis lors d'une assemblée générale en matinée, les étudiants de Paris 1, engagés dans la mobilisation contre la loi El Khomri ont pu s'exprimer dans l'amphithéâtre du campus de Tolbiac. Syndiqués ou non, ils y ont voté les principales revendications et moyens d'actions à venir des prochains rassemblements.

Avant même de passer au vote, un jeune étudiant a rappelé le principe de sécurité collective, et incité les étudiants à ne pas se montrer violent : «Nous ne sommes pas une bande de jeunes dégénérés, et il faut leur montrer que nous savons manifester sans être violent.»

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Avec un peu de retard, les étudiants ont finalement voté en faveur d’un barrage filtrant à l’entrée de l’université et pour la banalisation des cours [les absences ne sont pas comptabilisées, ndlr]. Une initiative qui pourra être mise en place dès le 5 avril, date de la prochaine manifestation. Selon un étudiant, cette mesure vise à assurer que «l’université reste un lieu ouvert à la construction de la mobilisation». Mais près de 80 personnes étaient toutefois partantes pour un blocage complet : «Le blocus est une question politique. Il ne faut pas que le 5 avril soit considéré comme une journée normale, et que la banalisation laisse des arbitraires à l'université», réplique une étudiante.

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Entre autres mesures adoptées par l’AG, les étudiants se sont déclarés en faveur d’un service d’ordre et ont réitéré leurs revendications ; dont le retrait de la loi travail, la semaine à 32h et la levée de l’état d’urgence.

Attendus par les lycéens à la fin de l’assemblée générale, le cortège s’est élancé vers l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, puis vers la Gare d’Austerlitz afin que les salariés et cheminots se joignent à leurs côtés. Une action primordiale, selon eux, qui vise à faire converger les luttes. Parce que «rejoindre les travailleurs, c’est leur montrer que nous sommes avec eux».

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