Nobel de la paix : Santos plutôt que les Casques blancs

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Le prix Nobel de la paix a été décerné vendredi au président colombien Juan Manuel Santos. Les jurés d’Oslo l’ont préféré aux Casques blancs syriens qui tentent au péril de leur vie d’extraire des habitants d’Alep sous les décombres des bâtiments détruits par les bombes de Bachar Al-Assad et de Poutine.

C’est évidemment l’accord de paix conclu au mois d’août avec la guérilla des Farc qui a été récompensé. On peut penser que le récent référendum désapprouvant l’accord a pesé lourd dans la décision des Nobel qui ont voulu encourager Juan Manuel Santos à persister dans la voie de la paix.

Deux motifs d’étonnement toutefois dans ce choix. Le chef des Farc n’a pas été associé au président colombien comme cela avait été le cas, notamment à la fin de la guerre du Vietnam, où les deux protagonistes de l’accord de paix avaient été distingués. Mais, surtout, les Nobel ont voulu oublier qu’avant d’être un acteur majeur de l’accord de paix, Juan Manuel Santos avait été le ministre de la Défense du président Alvaro Uribe, et qu’il avait mené une féroce répression contre la guérilla. La guerre civile colombienne a fait plus de 260 000 morts et 45 000 disparus.

Là encore, c’est le « syndrome » Kissinger. Le secrétaire d’État américain avait été récompensé par le Nobel en 1973 après avoir été l’un des responsables d’une guerre particulièrement épouvantable.


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