Réchauffement climatique : la Nasa observe une fonte des glaces polaires... en hiver !

Il faisait le 23 novembre la même température dans la capitale du Groenland qu'à Paris...

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Alors que le soleil est couché depuis plus d’un mois sur la zone maritime arctique et qu’il ne reviendra pas avant le prochain printemps, les analystes de la Nasa, en observant les images satellite de cette région ont eut la surprise de constater que la formation des glaces y était plus lente que jamais. Ils ont même mesuré, qu’en dépit de la nuit polaire, elle était arrêtée et que souvent la banquise se rétractait lentement mais surement depuis la mi-octobre. Une fonte en hiver qui n’avait jamais été observée.

Nouveaux records

Le phénomène est d’une telle ampleur, explique Mark Serreze, le directeur du centre national américain de données sur la neige et la glace, qu’à la mi-novembre, le pack de glace arctique était déjà « en retard » d’une surface équivalente à la moitié des États-Unis par rapport aux années les plus dégarnies. Une situation qui s’explique notamment par le fait que la température moyenne de l’air polaire se situe actuellement à 20° au-dessus de la moyenne normale. Un chiffre record étonnant qui ne figure dans aucune des observations précédentes, depuis 70 ans que la région fait l’objet d’une surveillance scientifique rigoureuse et régulière.

14 ° à Nuuk

De plus, l’eau en surface de la mer qui entoure les glaces est plus chaude qu’elle ne l’est normalement à cette saison, ce qui empêche à la banquise de se former. Après un été qui a déjà entraîné une réduction considérable de sa surface. Les fontes enregistrées actuellement au Groenland et au nord du Canada sont également anormales en cette saison hivernale : le 23 novembre au matin, il faisait 14° à Nuuk, la capitale, soit la même température qu’à Paris. Ces « chaleurs » inhabituelles contribuent également à générer une vapeur d’eau qui participe au réchauffement car elle se forme sur une surface de 14 millions de kilomètres carrés. Mais, ce qui intrigue (et inquiète) aussi les glaciologues, c’est que des phénomènes semblables sont actuellement observées dans l’Antarctique. Alors que les deux écosystèmes, celui du Nord et celui du Sud, ne sont absolument pas connectés.

La fièvre monte

Une seule explication globale est avancée par les spécialistes : l’équilibre atmosphérique de la planète serait définitivement remis en cause par le réchauffement climatique en cours. Situation qui entraîne au-delà du cercle polaire une augmentation moyenne des températures deux à trois fois supérieure à ce qu’elle est sur la plupart des continents. Ce qui permet aux climatologues et aux glaciologues d’affirmer que la région arctique pourrait être totalement libre de glaces en été, dès 2030. Un phénomène qui contribuerait à accélérer le réchauffement climatique sur toute la surface de la terre, avec des accès de fièvre importants en Afrique, en Asie et dans le sud de l’Europe.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents