Un syndicat de people pour Hollande

Agnès B., Catherine Deneuve, ou encore Jean-Michel Ribes ont publié cette semaine une tribune dans Le Journal du dimanche contre le « Hollande-bashing ».

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Leurs pieds sont solidement ancrés dans la glèbe. Ils ont conscience qu’un sou est un sou. On les voit tous les jours sur les barricades médiatiques se servir de leur notoriété pour défendre les travailleurs, les chômeurs, les migrants, les Roms, les moins-que-rien… Mais, cette fois, ils se sont émus pour une victime plus faible encore, dont il leur fallait urgemment plaider la cause, un homme seul attaqué de toutes parts, une pauvre petite chose à protéger : François Hollande. Ils sont « artistes, sportifs et créateurs, penseurs, chercheurs, entrepreneurs et citoyens indépendants », et ont pour nom Agnès B., Catherine Deneuve, Benjamin Biolay, Juliette Binoche, Gérard Darmon, Dominique Besnehard, Jean-Michel Ribes, Raymond Depardon, Patrick Pelloux…

Ce luxueux syndicat a publié cette semaine une tribune dans Le Journal du dimanche contre le « Hollande-bashing », comme on vole au secours d’un cas désespéré. « Dès le départ, François Hollande a fait face à un incroyable procès en illégitimité », s’insurgent-ils, même si personne n’a le souvenir que tel fut le cas. Se fâchant tout rouge, la plume accusatrice, ils parlent de « dénigrement permanent », de « procès à charge par des injures et des mensonges ignobles »… On les imagine frappant de leurs poings rageurs ornés de bijoux ciselés, tout en faisant attention à ne pas se blesser : « Nous dénonçons cet acharnement indigne… »

Pour ce scintillant aréopage, le quinquennat qui s’achève n’a été qu’un conte de fées dont ils égrènent les bienfaits. Les voilà ébahis devant « tout ce qui a été accompli », alors que la gueuserie, ingrate, ne le reconnaît point. Dans leur liste miraculeuse – où l’on relève tout de même « la sanctuarisation du budget de la culture », quel gros mensonge de la part de professionnels de ce milieu ! – ils oublient la loi travail, le piteux débat sur la déchéance de nationalité, le CICE, l’état d’urgence prolongé, et j’en passe, toutes mesures formidablement efficaces et progressistes. Jean-Michel Ribes, un proche de la victime, l’un des initiateurs probables de ce douloureux et lyrique plaidoyer, aime à promouvoir le « rire de résistance ». Pour ma part, je peine à résister au rire qui me gagne quand je songe au succès recueilli par Beyoncé, Jay Z, Madonna ou Bruce Springsteen, tous engagés « for Hillary president »


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