« Une vie », de Stéphane Brizé : Violences ordinaires

Avec Une vie, Stéphane Brizé offre une adaptation vibrante et personnelle du roman de Maupassant. Une réussite.

Que faire après La Loi du marché, film pour lequel Vincent Lindon avait reçu le prix d’interprétation à Cannes, et qui avait rassemblé un million d’entrées ? La question ne s’est pas posée ainsi pour Stéphane Brizé : il avait bouclé le scénario de ce nouveau long métrage, écrit avec Florence Vignon, avant la réalisation du précédent. Le cinéaste ne s’est donc pas tourné vers Une vie pour assurer ses arrières. Il y avait même, a posteriori, un risque à se lancer dans cette adaptation. D’autres, récemment, n’ont su y échapper (Benoît Jacquot avec Mirbeau, par exemple) : s’emparer d’un classique fait toujours planer le danger de l’académisme, qui témoigne de la persistance d’une « qualité française ». Ce n’est absolument pas le cas ici. Le film de Stéphane Brizé est une œuvre vibrante, vivante, qui offre une lecture singulière du roman de Maupassant, et s’en arrache même, sans jamais en trahir l’esprit, pour se situer de plain-pied dans le cinéma.

Une vie aurait été différent dans sa forme sans l’expérience de La Loi du marché. À l’époque, Stéphane Brizé nous expliquait que la focalisation sur le personnage interprété par Vincent Lindon créait une « empathie » nouvelle dans son cinéma : « Du coup, cela nécessite moins de séquences et moins d’explications. […] Je peux me permettre plus de chaos, plus de vertige, sans avoir besoin d’être rassuré par une structure narrative plus classique » (voir Politis du 13 mai 2015). De la même façon, Une vie ne quitte jamais son personnage principal, Jeanne. C’est son point de vue que l’on épouse de bout en bout.

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