Syrie : L’impossible paix avec Bachar Al-Assad

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La paix russe s’annonce difficile. Après avoir écrasé Alep-Est sous les bombes, la Russie tente de promouvoir une trêve assortie d’une amorce de négociation avec certaines factions rebelles, l’Iran et la Turquie. Mais, après quatre jours de relative accalmie, le régime a recommencé à bombarder Wadi Barada, une région tenue par les rebelles, à 15 kilomètres de Damas. Un secteur stratégique où se trouvent les principales sources d’approvisionnement en eau potable pour quatre millions d’habitants. Le régime bombarde également la ville rebelle de Rastane, dans la province de Homs. En réponse à ces violations du cessez-le-feu, les factions rebelles ont décidé de quitter la table des négociations.

Impossible évidemment de mettre au jour le rôle de la Russie dans cet imbroglio. On ignore si Moscou est impuissant à imposer la trêve à son allié syrien, ou si cette tentative de liquider toutes les positions des rebelles, sous couvert d’une trêve en trompe-l’œil, procède d’un double jeu. Ce qui est certain, c’est que les assurances données par le Kremlin à Bachar Al-Assad, qui serait maintenu au pouvoir jusqu’à d’hypothétiques élections dans plusieurs années, encouragent le dictateur syrien à multiplier les offensives, aidé en cela par le Hezbollah libanais. Le régime peut d’ailleurs faire valoir qu’il bombarde des positions du Fateh Al-Sham (ex-Front Al-Nosra). Vrai ou faux, cet alibi s’appuie sur le fait que ce mouvement jihadiste a été exclu de la trêve. Or, ses positions sur le terrain sont souvent mêlées à celles des autres factions rebelles. Ce qui, du point de vue du régime syrien, autorise toutes les offensives. Cette situation témoigne aussi de l’impossibilité d’envisager une paix véritable avec le maintien au pouvoir de Bachar Al-Assad.


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