Ladj Ly : « Jeunes et policiers sont les misérables »

Dans « Les Misérables », primé au festival de Clermont-Ferrand, Ladj Ly donne à voir la réalité d’un quartier de Seine-Saint-Denis sur fond de violences policières.

Les tours du quartier des Bosquets à Montfermeil défilent par les vitres de la voiture sous les yeux d’un flic de la BAC (brigade anticriminalité), interprété par Damien Bonnard. C’est son premier jour ici. Surnommé Pento par ses deux coéquipiers, il s’apprête à vivre son « baptême du feu ». La voiture rôde entre les bâtiments, les policiers cherchent un prétexte pour passer à l’action. Après avoir haussé le ton sur une jeune fille de 15 ans pour quelques grammes de shit, et en allant jusqu’aux allusions sexuelles, ils décident de passer aux choses sérieuses. Il faut montrer au petit nouveau ce qu’est une vraie interpellation. « Ouais, je vais m’adapter ! », lance Pento, bouillonnant.

Mais le contrôle suivant tourne mal, et la scène de passage à tabac est filmée par trois enfants qui jouaient avec un drone sur le toit d’un immeuble.

Le deal dans la cité, les liens entre les forces de l’ordre et les civils, la pression entre les agents de la BAC, l’excès de corporatisme, les dénonciations des violences policières mais aussi les arrangements pour les passer sous silence… Les Misérables dépeint avec authenticité le quotidien de tous les protagonistes des Bosquets. Armé de sa caméra, Ladj Ly arpente les profondeurs de sa cité depuis plus de vingt ans et en connaît tous les recoins, les habitudes, les écueils aussi. Ce qui lui permet de donner vie à un premier court-métrage criant de vérité, dans lequel on retrouve l’acuité de ses documentaires en immersion, comme 365 jours à Clichy-Montfermeil. Un écho fortuit mais poignant à l’actualité, rappelant le sort qu’ont connu Adama Traoré, Théo et tous les autres.

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