Charlotte Marchandise, porte-voix des citoyens

La candidate de Laprimaire.org s’est lancée dans une campagne à taille humaine pour porter les idées de la société civile et donner une autre image de la politique.

C’est dans le train de 8 h 07 en direction de Montpellier que Charlotte Marchandise-Franquet commence sa semaine marathon. Devant elle, le dernier numéro d’Usbek & Rica, « le média qui explore le futur », consacré à la crise migratoire. « Je vous conseille l’édito », glisse-t-elle en le feuilletant. Le titre : « La gauche ? LOL ». Une gauche qu’elle ne prend plus au sérieux et qui pourrait être grignotée par des figures de la société civile, comme elle. « Globalement, je me retrouve dans les idées de Benoît Hamon et de Yannick Jadot, mais c’est la méthode qui bloque, s’agace-t-elle. Le rejet des politiques par les citoyens est énorme. Et quand on voit, par exemple, que Jadot annonce son ralliement à Hamon avant la consultation des adhérents EELV, je les comprends ! »

Il y a un an, Charlotte Marchandise n’aurait jamais imaginé se lancer dans cette course effrénée. Mais, un jour, elle rencontre les créateurs de Laprimaire.org lors de leur escale à Rennes, où elle vit. David Guez et Thibauld Favre ont lancé cette plateforme pour faire émerger un candidat citoyen en 2017. « Quand j’ai vu qu’il y avait 200 hommes et seulement 8 femmes en lice, j’ai décidé de me lancer », précise-t-elle, assumant parfaitement son engagement féministe. Militante associative depuis vingt ans, notamment dans le domaine de la santé, elle dispose d’un réseau qui lui permet de récolter facilement les 500 parrainages citoyens nécessaires pour s’inscrire. Au second tour, ils sont encore cinq, mais c’est elle qui obtient la meilleure note et le plus de mentions « très bien », selon le mode du vote préférentiel dans ce scrutin auquel ont participé plus de 32 000 personnes.

Depuis, Charlotte Marchandise enchaîne les déplacements et les rendez-vous avec les médias pour essayer de combler le gouffre qui existe entre les candidats comme elle et ceux qui auront le droit de débattre sur TF1, France 2 ou BFM TV. « Aujourd’hui, Le JDD ne m’a pas classée dans les petits candidats ! », s’exclame-t-elle, en exhibant l’article sur son smartphone. La veille, elle se confrontait au protocole du Salon de l’agriculture, rite initiatique pour entrer dans l’arène politique française. Mais l’urgence reste la recherche des 500 parrainages. « Nous comptons environ 200 promesses », estime-t-elle. Pour le moment, seules sept se sont transformées en signatures.

Intéressée par la politique depuis longtemps, Charlotte Marchandise découvre ce monde en 2014, en rejoignant la liste Changez la ville, composée d’adhérents EELV, du Front de gauche  et de citoyens, aux élections municipales de Rennes. Elle devient adjointe à la Santé et élue à la présidence du Réseau français des villes-santé de l’OMS. « J’ai toujours été en lutte contre l’injustice, raconte-t-elle_. J’ai passé mon bac scientifique en 1992, à l’époque où le sida sévissait. Le VIH et le droit à l’IVG ont été mes premiers combats, mais je ne les considérais pas comme des luttes de gauche ou de droite. C’était une lutte pour la vie. »_

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