François Fillon : Une dérive vers l’extrême

Derrière l’unanimité de façade, la droite apparaît plus fracturée que jamais. La stratégie de François Fillon radicalise une partie des troupes et menace de faire céder les dernières digues face au FN.

François Fillon sera donc bel et bien le candidat de la droite désunie. Le 6 mars au soir, le comité politique des Républicains lui a affirmé son soutien dans une unanimité de façade. Cette droite qui avait réussi, un temps, à camoufler ses fractures derrière une primaire réussie, se retrouve piégée entre une légitimité électorale, des questions morales et des tensions idéologiques révélées par les affaires de François Fillon, qui entame une dangereuse radicalisation de ses méthodes et de son discours.

La décision de François Fillon de s’accrocher à sa candidature, malgré sa probable mise en examen, a provoqué un affrontement entre le candidat et toute une partie de la droite, qui fustige le non-respect de la parole publique : François Fillon ayant affirmé quelques mois auparavant qu’il ne serait pas candidat s’il était mis en examen.

À ceux qui doutent de sa légitimité et ont quitté le navire, le candidat a brandi son écrasante victoire à la primaire. « Les millions de voix qui se sont portées sur moi à la primaire veulent dire simplement ceci : nous autres Français n’en pouvons plus de vos calculs, de vos carrières, de vos histoires. » François Fillon se pose comme le candidat du peuple, l’« antisystème ».

Pour mener son combat, il n’a pas hésité à exalter sans vergogne sa base électorale, à coup de leviers populistes, prenant le risque de ne plus pouvoir justifier auprès d’elle aucune limite nette entre les Républicains et le Front national. Dans l’état de « quasi-guerre-civile » dans lequel il se vit_, la « lapidation médiatique » et le « lynchage » dont il serait victime, doublés d’un « coup d’État institutionnel », François Fillon n’est plus un suspect potentiellement mis en examen, il se transforme en victime d’un « assassinat politique »_ de la part de la justice et des médias. Un glissement dont la technique n’a rien à envier à Marine Le Pen.

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