Conflit d’intérêts : c’est parti avec les vaccins

La première mesure de la ministre de la santé serait une aubaine pour le fabriquant majeur du secteur : Sanofi.

Politis  • 21 juin 2017
Partager :
Conflit d’intérêts : c’est parti avec les vaccins
© Photo : Julien Mattia / NurPhoto

En pleine macronmania du printemps, une ombre venait ternir la campagne du futur Président : le risque de conflits d’intérêts dans sa sphère. Confirmation à l’annonce de la composition de son gouvernement, sa ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, se retrouvant ministre de tutelle de son mari, en poste à l’Inserm. Quand elle était à la tête de la Haute Autorité de santé, cette professeure en médecine spécialisée en hématologie avait justifié les conflits d’intérêts entre médecins et laboratoires pharmaceutiques en expliquant que l’indépendance « pose la question » des compétences. Des voix se sont donc inquiétées de sa nomination, dont la députée européenne Michèle Rivasi (voir Politis.fr). Les craintes étaient justifiées : la première mesure de la ministre pourrait être le passage de la vaccination obligatoire de trois vaccins à onze.

À lire aussi >> Vaccins : « On ne peut pas restaurer la confiance en passant par l’obligation ! »

Le 16 juin, dans Le Parisien, elle a expliqué « réfléchir » à une telle décision en agitant le chiffon rouge des jeunes décédés à la suite d’une rougeole ou d’une méningite. Ce que la ministre n’a pas dit, c’est que la France serait le seul pays d’Europe sur cette ligne. Chez ses voisins, la recommandation avec explication semble plus efficace que l’obligation, qui provoque la méfiance. En outre, la France est déjà dans une situation d’obligation vaccinale de fait car une partie des vaccins obligatoires ne sont plus disponibles, ce qui contraint les parents de jeunes enfants, et donc l’assurance maladie, à se rabattre sur la forme hexavalente (six maladies). Surtout, Agnès Buzyn omet de dire que ce serait une aubaine pour le fabriquant majeur du secteur : Sanofi. Le vaccin principal, Infanrix, passant de 7 à 40 euros environ. À multiplier par le nombre de naissances annuelles, sans oublier les rappels…

Société Santé
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Akim Omiri : « Nos vies valent plus que quelques vitrines cassées »
Démocratie • 5 novembre 2026

Akim Omiri : « Nos vies valent plus que quelques vitrines cassées »

Intellectuel·les, artistes, membres de la société civile… Ils et elles analysent la crise autoritaire que nous vivons aujourd’hui. Et remontent le fil de ses origines, décodent ses manifestations, expriment leurs inquiétudes profondes mais aussi leurs espoirs, et proposent des voies de résistance. (2/15)
« Les manifestants ne sont pas des ennemis » : des membres des forces de l’ordre contestent la stratégie répressive
Maintien de l'ordre • 5 novembre 2026

« Les manifestants ne sont pas des ennemis » : des membres des forces de l’ordre contestent la stratégie répressive

Après les manifestations des 17 et 24 octobre, quatre policiers et gendarmes interrogent l’évolution d’un maintien de l’ordre devenu toujours plus offensif. Manque d’effectifs, formation, usage des grenades et décisions politiques : leurs critiques visent aussi bien les pratiques de terrain que les choix de leur hiérarchie.
Par Maxime Sirvins
Un 5 novembre de grève et de manifestations
Mobilisation • 5 novembre 2026

Un 5 novembre de grève et de manifestations

Politis a couvert cette nouvelle journée de manifestations dans tout le pays, avec un appel à la grève générale de l’intersyndicale. Nos journalistes ont suivi les événements notamment dans la région de Grenoble (Voiron), au Mans dans la Sarthe, et à Paris pour faire remonter les images et revendications des cortèges et des grèves.
Par Politis
« Le gouvernement s’autorise de plus en plus à freiner toutes possibilités d’expression démocratique »
Entretien • 5 novembre 2026 abonné·es

« Le gouvernement s’autorise de plus en plus à freiner toutes possibilités d’expression démocratique »

Ce 5 novembre, une journée de grève et de manifestations suivie par les salarié·es du public comme du privé, la coordination des gilets jaunes, les mouvements lycéens et étudiants, est attendue partout en France. Une convergence des colères que Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, appelle à exprimer durablement dans la rue.
Par Céline Martelet