Tumulte sur le Vieux-Port

À Marseille, les législatives voient s’affronter la vieille garde politique et la nouvelle, dans une configuration particulièrement incertaine et une ambiance électrique.

L’air hagard, Saïd Ahamada cuit dans son costume bleu marine sur les dalles de granit du Vieux-Port. Il suit la cohorte de curieux et de flics en civil qui conduit le ministre de l’Intérieur de café en café, et pose, regard absent, sur les photos de famille. Gérard Collomb est là pour soutenir les candidats de La République en marche (LREM). Lui a toutes ses chances dans la circonscription la plus au nord de Marseille (7e des Bouches-du-Rhône), partagée entre les quartiers populaires dont il est natif et le port de l’Estaque en voie de gentrification. Mais, ce samedi après-midi, sa voix est étouffée et il avale la fin de ses phrases : « Là, c’est… Je monte à l’Élysée pour qu’il m’explique… Parce que là… Je déciderai en fonction. » D’origine comorienne, le malheureux essuie depuis le matin des trombes de reproches des siens, après la blague douteuse du Président sur le « kwassa-kwassa », ce bateau de pêche qui « pêche peu » mais « amène du Comorien ». Et quand le ministre de l’Intérieur, interrogé par Politis, sort d’emblée la carte « maîtrise de l’immigration des Comores sur Mayotte » et « insertion » de « l’adorable » communauté comorienne, le grand gaillard flegmatique peine à dissimuler une tempête intérieure et des montagnes de questions.

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