Dossier : La meilleure façon de marcher, c'est encore la nôtre

La fuite, motif héroïque

Aventuriers ou cow-boys chancelants, le thème de l’errance pédestre traverse tout le cinéma et la littérature.

L’homme avance péniblement. Ses bottes frappent le sable. L’arrachent, même. Le soleil cuit. Des virevoltants (tumbleweed, « herbe qui tourne ») passent devant une caméra à hauteur du sol, à hauteur des pieds. Il pose un genou. Une main. Soif. Douleur. Fatigue. Puis il repousse la terre. Remonte. Rester debout pour ne pas tomber. Rester debout pour continuer à avancer. Se déplacer pour ne pas mourir, loin de tout et de tous, dévoré par les fourmis rouges et les vautours… Puis s’effondrer finalement sur ce coin de sable où une main providentielle pressera bientôt quelques gouttes salvatrices dans une gorge desséchée par l’air, les efforts, l’angoisse, et probablement un peu de sang mêlé de poussière. Le cow-boy à l’agonie qui poursuit sa route sans son cheval, chancelant, est une figure presque aussi mythique que celui campé sur ses deux jambes après un duel, cependant que son adversaire bascule à terre. Conquête de l’Ouest, ruée vers l’or, poursuite de fuyards, règlement de comptes… De John Ford à Quentin Tarantino en passant par les westerns spaghetti, nombre de réalisateurs ont reproduit cette image de l’homme qui lutte contre la fin en continuant à mettre un pied devant l’autre.

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