Censure d’un colloque : Pina jouit...

Un colloque sur l’islamophobie à l’université Lyon-II n’aura pas lieu. Un cadeau à la fachosphère, le Printemps républicain, la Licra et… Mme Pina !

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Le 14 octobre, devait se tenir un colloque à l’université Lumière Lyon-II intitulé « Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ? ». Sur décision de la présidente de l’établissement, il n’aura pas lieu. Selon elle, « les conditions ne sont pas réunies pour assurer la sérénité des échanges et le bon déroulement des débats autour de la question de l’islamophobie et de ses enjeux politiques ». Cet acte de censure est un cadeau à ceux qui ont appelé à son interdiction : la fachosphère, le Printemps républicain, la Licra et… Mme Pina ! Sacrée Mme Pina ! La cofondatrice de « Viv(r)e la République » s’est distinguée un jour en faisant une analogie entre le voile et un brassard nazi. Nous voilà donc en présence d’une amie de la pensée ciselée.

Au sujet dudit colloque, Mme Pina a fait profiter Lefigaro.fr de ses subtilités, passant en revue les associations qui y étaient conviées (Collectif contre l’islamophobie en France, Étudiants musulmans de France, Coordination contre le racisme et l’islamophobie…). À ses yeux, rien qu’une clique projihadiste, ce qui sous sa plume se dit : des « professionnels de l’entrisme islamiste et de la déstabilisation ». Le dirigeant d’une de ces associations est fiché S ? Mme Pina l’interdit de parole publique – bien que cela ne relève d’aucune législation – sans s’interroger davantage, il ne faut pas rêver, sur la rigueur de ces fichages.

Mais Mme Pina ne s’arrête pas en si bon chemin. Elle jette l’opprobre sur les universitaires qui encadrent ces journées de réflexion. François Burgat au premier chef, chercheur de renom, mais « très proche » du diable, dont le nom de code est Tariq Ramadan. Les autres sont « des étudiants en doctorat se faisant passer pour des experts reconnus » ou d’obscures enseignants. Bref, des branquignols et des terroristes. Tout le contraire de Mme Pina, au pinacle de la science et instruite de ce qui se publie de plus pointu dans le domaine que couvre la chaire « Égalité, inégalités et discriminations » de l’université Lyon-II, organisatrice du défunt colloque. Humaniste, censeure sans chichi, Mme Pina réclame aussi la tête du président de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco. « Rapidement et définitivement (sic), s’échauffe-t-elle. Sinon, le jeu de mots sur Jean-Louis Bianco, président de l’abattoir de la laïcité, prendra alors tout son sens ». Et rigolote avec ça…


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