Université : orienter ou sélectionner ?
Contrat de réussite et prérequis sont les mots clés opaques d’une prochaine réforme de l’université. Une concertation est en cours, où certaines organisations s’opposent à un surcroît de sélection.
dans l’hebdo N° 1472 Acheter ce numéro

Sans-bahut et sans-fac. Ils ont improvisé une classe dans la rue. À Vitry-sur-Seine, le 28 septembre, 17 lycéens sans affectation se sont assis devant des élus de la ville, du département et des représentants des parents d’élèves. Dans le Val-de-Marne, 198 jeunes se sont retrouvés sans affection cette rentrée, dont 87 sans BTS, 49 sans université et 39 sans lycée, a recensé SOS Rentrée. Le dispositif départemental sonne l’alarme : un numéro vert a été créé pour les élèves sans solution [1]. Ils seraient 3 700 naufragés de l’entrée à l’université à l’échelle nationale, d’après le syndicat enseignant Snesup. Et 2 000 à ne pas avoir rempli les conditions de la sélection en master instaurée cette année.
La France compte 45 000 étudiants supplémentaires en septembre 2017. Entre 20 000 et 40 000 depuis quatre ans. Et 80 000 sont attendus en 2018. Inédit, mais prévisible : « Depuis 2000, on savait qu’avec le boom de naissances on aurait un boom d’étudiants dix-huit ans plus tard, s’étonne Pierre Chantelot du Snesup-FSU. Les pouvoirs publics ont-il anticipé ? » Les campus, les amphis, les salles de cours explosent. Et des filières n’en peuvent mais : staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) en tête, mais aussi droit, psycho, kiné… À Rouen, la rentrée universitaire a été reportée de quinze jours. À Grenoble, où la population staps a doublé en dix ans, des cours numériques remplacent les cours traditionnels pour éviter le tirage au sort. À Lyon, les cours de staps ont même été annulés, « faute d’amphis disponibles ». À Montpellier