« Génération.s » : Hamon opte pour la politique inclusive

Après son faux départ du 1er juillet dernier, la formation de l'ex-candidat socialiste à la présidentielle a annoncé son nouveau nom, et s'est positionnée en mouvement rassembleur à gauche.

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L'écriture inclusive, ça ne concerne pas que le féminin. La preuve par « Génération.s », le nouveau nom (à point) du mouvement de Benoît Hamon. Réunis au Mans samedi 2 décembre pour leur convention de lancement, l'ex-socialiste et ses troupes ont souhaité démontrer qu'ils optent pour une politique qui se conjugue au pluriel : rassembleuse à gauche et ouverte sur l'Europe, elle veut aussi incarner la France dans sa diversité.

À la tribune de la grande salle du Palais des Congrès, devant quelque 2 000 personnes selon les organisateurs, l'eurodéputé Guillaume Balas, ouvre le bal. Il a la langue qui fourche. Pas facile de ne pas écorcher tous ces nouveaux noms qui, s'ils n'ont pas tous rejoints le mouvement, sont au premier rang, juste devant la scène : Manuel Bompard, Bastien Lachaud et Coline Maigre pour la France insoumise, Sébastien Jumel pour le PCF, Karim Bouamrane pour le PS... Sans oublier, évidemment, tous ces écolos : Cécile Duflot, Sandra Regol, Yves Contassot, Noël Mamère... La photo de groupe est réussie. Ce qui permet à Guillaume Balas de clamer que « les barrières qui ont divisé les progressistes n'ont aucun sens. Il y a bien plus de choses qui nous réunissent que de choses qui nous divisent ».

Diversité politique donc, mais aussi diversité culturelle, religieuse et sociale. Salah Amokrane, le chef de file des Motivé.e.s (de l'écriture inclusive, encore) toulousains, veut une « force politique qui saura retisser le lien entre tous les Français, et réussir ce rendez-vous mille fois manqué entre la gauche et les quartiers ». Un mouvement qui « s'assume multiculturel » et qui fera « de l'égalité le cœur de son combat ». Peut-être a-t-il eu un petit pincement au cœur en constatant que les retours de la consultation, lancée le mois dernier auprès des soutiens du mouvement : seulement 41 % des répondants jugent que l'égalité doit être au cœur du projet (contre plus de 80 % pour l'écologie).

« Ce n'est pas le mouvement de Benoît Hamon »

Il est 12h30. Benoît Hamon monte à la tribune. Objectif : démontrer que la diversité, la multitude, cela concerne aussi son rapport à la démocratie. Parce que « ce n'est pas le mouvement de Benoît Hamon que nous créons », dit-il. Il a d'ailleurs prévu de ne parler qu'une demi-heure – en fait, il fera le double, il est bavard... Tacle à Jean-Luc Mélenchon :

Il faut que ce mouvement préfigure la démocratie que nous souhaitons. Il ne suffit pas de dire ''Vive la VIe République'' et d'avoir un mouvement où c'est le chef qui décide. Notre mouvement n'aura rien à voir avec le bonapartisme.

Preuve par l'exemple : lui voulait garder le nom d'avant, le « M1717 » ; « l'inspiration que j'avais eue a été unanimement balayée par vos commentaires [suite à la consultation, NDLR] », rigole-t-il.

Services publics, revenu universel, lutte contre les discriminations ou les perturbateurs endocriniens... « Ces idées nouvelles que nous avons mises dans le débat politique, oui, elles pensent le monde qui vient. » Il faut donc que  __« la famille du progrès dans sa pluralité et sa diversité » batte l'adversaire : « le néolibéralisme ». Première étape, les élections européennes : à l'opposé des « nationalistes » , « il faut vaincre le néolibéralisme en restant européen et internationaliste ». En ces temps de repli sur soi, cela ressemble à une gageure.


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