« America », de Claus Drexel

Le nouveau documentaire de Claude Drexel nous fait rencontrer l'Amérique qui a porté Trump au pouvoir.

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Après avoir réalisé Au bord du monde (2014), sur les sans domicile fixe parisiens, Claus Drexel signe un nouveau documentaire, tourné cette fois de l’autre côté de l’Atlantique. Plus précisément, le cinéaste s’est intéressé aux habitants de Seligman, au coeur de l’Arizona, traversé par la mythique Route 66. Mais, aujourd’hui, cette dernière n’est plus empruntée, délaissée au profit d’une autoroute lointaine. America est un titre à la fois ironique et plein d’à-propos.

Ironique, parce que cet endroit n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été (dénommé par cette image éloquente : « L’île des jouets cassés »), et ceux qui apparaissent à l’écran sont des déclassés du « rêve américain ». Mais plein d’à-propos, parce que c’est effectivement cette Amérique-là qui a porté Donald Trump au pouvoir.

Dans les témoignages de tous les intervenants, qu’ils soient d’ailleurs pro-Trump (la majorité) ou opposants, la violence est partout. Physique, avec l’omniprésence des armes, ressenties comme une garantie de sécurité, mais aussi sociale ou psychique.

Familles déchirées, accidents de la vie, suicides… Tel est le quotidien de ces êtres repliés sur eux-mêmes, sur leurs peurs et sur leur absence d’avenir. Car, s’ils ont voté Trump, ils ne sont pas pour autant gonflés d’illusion. America montre très bien que la motivation de leur vote est un mélange de souffrance et de nostalgie.

America, de Claus Drexel, 1 h 22.


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