« Madame Fang », de Wang Bing : La grande énigme

Dans Madame Fang, Wang Bing filme l’agonie d’une femme entourée de sa famille, questionnant l’insondable, renvoyant le spectateur à ses angoisses.

On sait, depuis son premier documentaire, À l’ouest des rails (2003), énorme fresque d’une usine en décomposition matérielle et sociale dans le nord de la Chine, jusqu’aux Âmes mortes, présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes, monument de huit heures consacré aux victimes des purges maoïstes, que Wang Bing ne cherche pas la facilité. Il fouille dans les entrailles de son pays pour en extraire des éclats de vérité cachée, et ce toujours à l’insu des autorités, en artiste clandestin.

Mais, avec Madame Fang, il aborde ce qu’il y a de plus difficile à affronter pour tout humain : la mort. Il a décidé de la montrer de la façon la plus crue : en filmant l’agonie d’un être. La première intention du cinéaste était de faire un film sur cette femme de 68 ans, Mme Fang, née à Huzhou, dans la région du Fujian, dans le sud-est de la Chine. Ancienne ouvrière agricole, elle a vécu toute son existence dans ce village, près d’une rivière où la pêche est une activité nourricière, et où passe désormais une autoroute cachée derrière des rangs d’arbustes. Mais, au moment où le documentariste a été appelé par la famille, qu’il connaît depuis longtemps, Mme Fang était au plus mal, atteinte d’une maladie neurovégétative. Wang Bing, accompagné de ses deux cadreurs, s’est donc retrouvé face à une mourante, encouragé à tourner par la famille.

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