Une terreur noire

Le nouveau film de Roberto Minervini dresse un portrait délicat des communautés africaines-américaines à La Nouvelle-Orléans.

En 2015, paraissait Une colère noire de Ta-Nehisi Coates, autobiographie d’un journaliste africain-américain et réflexion sur le poids du racisme sur son existence. Au cœur du livre, qui connut un succès immense et fut auréolé du National Book Awards, se trouvait une idée phare : traiter du racisme aux États-Unis ne peut se faire sans une réflexion sur la peur, la terreur même, qu’il crée dans la communauté noire. Délaissant quelque peu l’analyse politique, Coates montrait comment vivre le racisme revient à exister dans une crainte constante : crainte physique d’être agressé, violenté ou tué.

Ce thème central affleure dans plusieurs scènes du nouveau documentaire de Roberto Minervini, What You Gonna Do When The World’s On Fire. Ce film est une nouvelle étape dans le parcours du réalisateur italien, qui explore la face cachée de l’Amérique, au sein de différentes communautés du sud du pays. Minervini dresse le portrait des laissés-pour-compte, Blancs déshérités, toxicomanes, habitants des ghettos. Ici, c’est à La Nouvelle-Orléans qu’il s’installe, optant pour un dispositif alliant plusieurs fils narratifs, tous centrés autour d’une série de personnages. Les séquences sont longues, saisies à la fois dans la fluidité de leur mouvement et dans la rythmique des paroles qui y sont échangées. Elles laissent se déployer des personnalités, qui se lient, échangent et le plus souvent veillent les unes sur les autres.

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