Cap au pire

Dans Une chose sérieuse, Gaëlle Obiégly montre, sur le mode fantasque, une communauté étrange se préparant à une catastrophe.

Alors que le mot ne figurait pas sur les précédents, la mention « roman » apparaît sur le nouveau livre de Gaëlle Obiégly, Une chose sérieuse. Pour quelle raison ? L’auteure de N’être personne, son précédent et magnifique opus, aurait-elle succombé au conformisme littéraire ambiant qui veut qu’en dehors du roman point de salut (au point qu’à l’automne Le Lambeau, de Philippe Lançon, a été écarté du Goncourt au prétexte que ce n’en est pas un) ?

Sûrement non. On peut avoir confiance en Gaëlle Obiégly pour rester imperméable à de telles sirènes. Sa singularité est trop forte et, en cela, précieuse. Comme le dit le narrateur d’Une chose sérieuse, « les livres […] qui m’ont estomaqué, ce sont ceux qui ne ressemblent à rien. Il y a surtout une parole, quelqu’un qui parle ». Celui-ci ne fait pas exception : il recèle bien une voix à nulle autre pareille, fantasque et sérieuse. Elle se manifeste par le biais d’un narrateur appartenant à une communauté menée par une milliardaire, madame Chambray, qui prépare son petit monde – une bande de pauvres hères – à une catastrophe à venir, indéfinissable mais, selon elle, inévitable.

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