Émilie Chalas, députée LREM : « Favoriser les allers-retours avec le privé »

La majorité revendique une plus grande souplesse d’embauche et renvoie le malaise des agents à des causes « managériales ».

Dans une volonté manifeste de faire baisser la pression, Émilie Chalas, rapporteuse du projet de loi de transformation de la fonction publique, souhaite déconnecter cette loi des grands projets de la Macronie pour faire maigrir l’État.

Les mobilisations de fonctionnaires émaillent le territoire et les syndicats d’agents sont très critiques envers votre réforme. Que répondez-vous à ce malaise ?

Émilie Chalas : Il y a beaucoup de fausses informations sur le fondement du texte. Non, il ne s’agit pas de déconstruire le service public. Non, il n’est pas question de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Non, le statut n’est pas attaqué. J’encourage donc les fonctionnaires à lire le texte et à observer sa portée – je ne parle évidemment pas des syndicats qui travaillent dessus depuis un an et le maîtrisent parfaitement.

Ensuite, je ne crois absolument pas au risque de « tsunami des contractuels ». C’est l’articulation entre contractuels et fonctionnaires qui sera intéressante. Un recrutement par contrat permettra beaucoup plus de liberté lors de l’embauche. Mais, dans la durée, il n’a pas la souplesse du statut de fonctionnaire. Si l’on s’est trompé dans le recrutement, par exemple, ou qu’on souhaite réorganiser un service, le statut est en réalité un objet facile à gérer et intéressant pour les employeurs publics.

L’objectif du texte est de favoriser les allers-retours entre la fonction publique et la sphère privée. Nous ouvrons effectivement davantage la fonction publique aux contractuels, mais la loi permet aussi aux fonctionnaires d’aller dans le privé sans que leur avancement de carrière ne s’arrête. L’enrichissement est mutuel : la compétence, le sens de l’intérêt général et la déontologie des fonctionnaires seront portés dans le privé.

Nous allons aussi rendre beaucoup plus facile la mobilité entre les trois versants de la fonction publique, avec des formations et un accompagnement financier, pour permettre aux agents d’avoir deux, trois, peut-être quatre métiers différents dans leur vie. Il y a aujourd’hui des réflexes d’immobilisme et de peur du mouvement, autant que des carcans administratifs qu’il faut absolument lever.

Les agents ressentent une perte de sens de leur mission, comme conséquence des mesures d’économies successives. Comment y répondre ?

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