La dictature de la liberté économique

Pour le Premier ministre, une société libre est une société qui garantit avant toutes choses la liberté économique.

Pour les dix ans de l’Autorité de la concurrence, le Premier ministre, Édouard Philippe, a livré sa vision d’une société libre en citant par deux fois La Route de la servitude de Friedrich Hayek, le livre de chevet de Margaret Thatcher. Derrière le ton technocratique, ce discours nous éclaire sur les présupposés politiques de ce gouvernement. Quels sont-ils ?

Pour le Premier ministre, une société libre est une société qui garantit avant toutes choses la liberté économique, « première des libertés », dont découlent toutes les autres. Hayek a souvent affirmé que cette liberté est sans cesse menacée par toutes sortes d’idées fausses, comme celles de Keynes, des socialistes et des « rationalistes français », ces penseurs qui ont une confiance aveugle dans la raison. Selon Philippe, pour préserver ce socle « fondamental » de nos sociétés, l’État doit garantir fortement la liberté économique en imposant un « ordre public économique », quitte à réduire pour cela d’autres libertés publiques telles que les élections. Cet ordre est celui de la concurrence, seule organisation qui permette la vraie liberté individuelle, fondée sur la liberté des prix.

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