« Les réformes Blanquer multiplient les arnaques »

Pour les parents d’élèves, les lois en préparation dans le cadre de « l’école de la confiance » accroîtront les inégalités au lieu de les résorber, explique Rodrigo Arenas, de la FCPE.

Pas de fusion collèges-écoles à la rentrée 2019 en Val-de-Marne, a assuré le 18 avril la directrice académique du département, Guylène Mouquet-Burtin, alors qu’une partie de la colère contre la loi sur l’école de la confiance s’est focalisée sur un amendement instaurant ce type de regroupement. « Cela se fera sur la base du volontariat », a tenté de rassurer le ministre Jean-Michel Blanquer le 28 mars sur France Inter, en mettant en garde parents et enseignants contre les « rumeurs » et la « mauvaise compréhension ». Mais tous ne croient pas le ministre « de la confiance ».

Une nouvelle structure, nommée « établissement public des savoirs fondamentaux », agit comme le révélateur de l’esprit administratif et gestionnaire qui préside à ce texte. Lequel décline d’autres mesures inquiétantes, comme un contrôle de l’expression des enseignants vis-à-vis des politiques d’éducation, la volonté d’envoyer des étudiants devant des classes sans formation ni tuteur, la suppression du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), la fin des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espe), et le financement de maternelles privées pour les 2-3 ans par les communes. Il s’ajoute à la grogne contre Parcoursup, plateforme qui régit l’entrée à l’université en reconduisant les inégalités sociales et en forçant une orientation précoce. Sans compter les polémiques sur le contenu des programmes par matière… Les mobilisations contre les lois Blanquer se multiplient, avec notamment des occupations d’établissements, des « nuits des écoles » et des journées de retrait de l’école. Après les mobilisations des enseignants en septembre et celles des lycéens réprimées cet automne, la balle semble passer dans le camp des parents. Entretien avec Rodrigo Arenas, coprésident de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE).

Le ministre de l’Éducation a présenté son projet sur « l’école de la confiance » en septembre. Les enseignants sont partis vent debout mais les parents d’élèves ne se mobilisent que maintenant. Pourquoi ?

Rodrigo Arenas : Pendant des mois, ce gouvernement a laissé entendre qu’il y avait une place pour le dialogue social. Les parents ont mis du temps à comprendre qu’il ne répondait qu’au rapport de force et que le mouvement social pouvait peser sur les politiques publiques. Ensuite, de nombreux parents pensent que les difficultés ne frappent que les enfants des autres. Mais le sens collectif est en train de se reconstruire. Le discours se muscle face à la gravité des enjeux.

En effet, une révolution idéologique est en train de se développer dans les écoles. Programmes, procédures, technocratisation, attitude d’un ministre qui n’entend rien au dialogue social et contourne constamment les corps intermédiaires : on assiste à une taylorisation du métier d’enseignant. L’existence d’un savoir-faire et celle d’un savoir-être des enseignants sont niées, et ceux-ci se sentent violentés. La seule parole qui semble mériter d’être entendue, c’est celle de celui qui fait les réformes. Le ministre se veut en prise directe avec une population qui, pour une bonne part, est désarmée face à la technicité des lois. C’est un vrai problème démocratique.

La présidence de Nicolas Sarkozy, avec Xavier Darcos à l’Éducation, a été assez violente pour les enseignants. Est-ce pire aujourd’hui ?

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