À la recherche de Hamon… et des autres

Après quatre mois de silence depuis la déconvenue des européennes, Génération·s a fait sa rentrée en affichant sa volonté de servir au rassemblement des gauches.

On l’a cherché aux universités d’été, aux rassemblements des partis de gauche, sur les plateaux de télévision, dans les colonnes de la presse et sur les ondes des radios… en vain ! Benoît Hamon est introuvable. Au lendemain d’un résultat aux élections européennes du 26 mai (3,27 %) qualifié de « décevant » par ses proches, le candidat malheureux avait bien annoncé prendre un peu de recul… Mais ce recul, en se poursuivant, laisse penser qu’il sera un retrait en bonne et due forme. Durant ces quatre mois de silence, Génération·s, le mouvement que Benoît Hamon a lancé en 2017 à la suite de son départ du Parti socialiste, n’aura existé publiquement que via les apparitions de son co-coordinateur Guillaume Balas au « big-bang » de la gauche de Clémentine Autain et d’Elsa Faucillon (fin juin), au Festival des idées de la Charité-sur-Loire (début juillet) ou encore à l’université d’été d’Europe Écologie-Les Verts (fin août). Avant qu’enfin, le week-end des 28 et 29 septembre, à l’espace les Esselières de Villejuif, en banlieue parisienne, se tiennent les « journées de rentrée » de Génération·s.

L’occasion, pour le millier de militants ayant répondu présent, d’adopter quelques variantes sur l’organigramme (installation définitive d’une « assemblée des territoires », orientation pour les élections municipales de mars), mais surtout de se rassurer : le parti existe toujours et compte bien revenir sur scène. « Nous ne sommes pas que le mouvement de Benoît Hamon, nous sommes un mouvement à part entière », explique Benjamin Lucas, nouveau porte-parole. Ça va tout de même mieux en le disant. Car, si les cadres assurent avoir Benoît Hamon au téléphone « plusieurs fois par jour », chez les militants l’inquiétude allait croissant. « Cela fait des mois qu’on ne l’a pas vu, pas entendu », dit une adhérente du Val-de-Marne. Des craintes évacuées ce week-end par le passage éclair d’un Benoît Hamon barbu et en sweat-shirt. Il n’a donc pas disparu, mais ne semble pas prêt à revenir pour autant. Après un bref discours, il s’éclipse et ne sera pas là le lendemain. Charge à Guillaume Balas de conclure les journées. « Au lieu d’attirer l’attention médiatique sur lui, il met en lumière de nouvelles personnalités », plaide Benjamin Lucas.

Sans son fondateur, Génération·s aura fort à faire, mais pas question de laisser cette absence médiatique gâcher la fête. À Villejuif, les ateliers se suivent et font écho à ceux proposés aux universités d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) et de La France insoumise (LFI) à la fin de l’été : « Trump, Bolsonaro, Poutine : Macron le sauveur ? », « Démocratie dans la ville : la fabrique du lobby citoyen », « Pour des villes écologistes et résilientes », « Désobéir ? Comment la société peut-elle se faire entendre à l’heure des autoritarismes ? », « Effondrement et démocratie : mission impossible ? »… Comme pour faire la synthèse entre le rose du socialisme et le vert de l’écologie. Mais sans choisir. « L’écologie politique ne doit pas être le primat de tout et elle ne peut se départir de la question sociale et démocratique », explique Roberto Romero, le responsable des affaires internationales du mouvement. Une piqûre de rappel aux cadres d’EELV qui voudraient se positionner sur la ligne du « ni-ni ». Mais qui dit gauche dit aussi que Génération·s, comme l’ensemble des autres partis, fait face au problème de l’éparpillement.

« La gauche a deux problèmes majeurs, indique Pascal Cherki, ancien député et premier à avoir suivi Benoît Hamon lors de son départ du PS. Premièrement, elle ne propose pas d’idées nouvelles qui pourraient lui permettre de “taper juste” ; deuxièmement, elle ne parvient pas à faire le rassemblement. » Pourtant, comme l’indiquait l’appel à un « big-bang », « l’urgence nous oblige »… Et chez Génération·s, la leçon des européennes a été comprise. « Nous allons participer à toutes les initiatives de rassemblement », résume Guillaume Balas.

Il reste 40% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents