À Marseille, une grève pour gagner

Le 5 décembre, 150 000 personnes ont défilé à Marseille, selon la CGT. Galvanisés par cette mobilisation, les syndicats et les grévistes se préparent en cas de long bras de fer.

Au lycée technologique Marie-Curie, on n’est pas vraiment habitué aux assemblées générales. « C’est la première fois qu’on organise une AG ici, avoue un professeur. On essaie d’en faire un peu partout dans la ville. » Ce lundi soir, une cinquantaine d’enseignants, de représentants de la fonction publique, de cheminots ou encore de retraités sont réunis dans cet établissement du Ve arrondissement. Rapidement, une prof donne le mot d’ordre : « Il faut sortir de cette AG avec des actions réalisables, facilement coordonnables. On n’a pas le temps de se lancer dans des analyses de stratégie. » Les discussions tournent autour des blocages potentiels, des points de convergence avant les manifestations. Chacun fait le point sur la mobilisation dans son entreprise, son école, son entourage.

« S’organiser » afin « de ne rien lâcher jusqu’au retrait ». « Enraciner et amplifier », « faire converger » , « être dans la généralisation de la grève » , « coordonner »… Tout un vocabulaire martelé durant les assemblées générales marseillaises, complété ces derniers jours par des expressions galvanisantes : « On tient le bon bout », ou « On va gagner ! », veulent croire les grévistes. Dès le début du mouvement contre les retraites et la casse du système social, le long bras de fer était annoncé. « Un seul jour ne suffira pas », avait annoncé Olivier Mateu, le secrétaire général de la CGT des Bouches-du-Rhône, avant de compléter : « Ceux qui feront le choix d’abandonner accepteront cette réforme. Et cette réforme, personne n’en veut. » Près d’une semaine plus tard, la détermination reste intacte dans les rangs militants.

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