Macron déclare la « guerre sociale »

Pour le président du groupe des députés communistes, la réforme des retraites est un séisme qui anéantit les fondements de notre Contrat social hérité de la Libération.

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Le président Macron déclare la « guerre sociale » aux Français. Derrière la propagande officielle et les discours entortillés de l’exécutif, les grands axes de la réforme des retraites sont d’ores et déjà fixés. Il s’agit d’imposer un passage en force d’une logique collective d’annuités et d’âge à un système individuel à points. Concrètement, le résultat serait cruel pour tous les Français : travailler plus longtemps, pour gagner moins. Le glissement technique que charrie la réforme est un séisme qui anéantit les fondements et les droits acquis constitutifs de notre Contrat social hérité de la Libération.

Motivé par la volonté de réaliser des économies sur les retraites, l’exécutif use et abuse du traditionnel argument d’autorité de la doctrine austéritaire. Son objectif est de réduire la part des dépenses de retraite distribuées en bloquant les ressources publiques affectées aux retraites à 14% du PIB. Avec l’allongement de la vie et l’augmentation du nombre de retraités, cette règle des 14% aboutira à une baisse globale des pensions.

La matrice du projet est belle et bien de nature idéologique : il s’agit de niveler toutes les pensions vers le bas tout en s’attaquant frontalement aux seuls fonctionnaires et régimes spéciaux. La réforme du système de retraite annoncée par l’exécutif reflète, en effet, le projet néo-libéral, injuste et inégalitaire du président Macron et mené tambour battant en faveur des plus riches. Ces derniers, eux, auront la faculté de capitaliser en ayant recours aux assurances privées. Remplacer ce qu’il reste de l’Etat-providence par la « Start-Up nation » fantasmée par les élites macronistes, en somme. 

La réforme ne ferait que des perdants

Cette réforme s’inscrit dans la continuité de l’entreprise de démolition menée par le gouvernement depuis le début du quinquennat. En prenant en compte l’ensemble de la carrière et non plus les meilleures années pour le calcul de la retraite, l’exécutif s’attaque aux plus vulnérables : le système à points est synonyme de baisse des pensions des plus fragiles, notamment les femmes, les travailleurs précaires, aux carrières morcelées. Et dire que l’exécutif appelle à s’attaquer aux « privilégiés » !

Outre le caractère inique d’une réforme qui ne ferait que des perdants, celle-ci s’accompagne d’une source d’insécurité supplémentaire pour nos concitoyens. En effet, elle mettrait fin aux régimes à prestations définies (qui permettent de prévoir, de calculer la pension en connaissant le salaire pris en compte et la durée de cotisations), pour les remplacer par un régime unique dont il est impossible de prévoir le montant de la pension (qui dépend de la valeur du point déterminée chaque année). De quoi nourrir un peu plus la rupture et la défiance entre nos concitoyens et l’exécutif.

Le problème n’est pas tant le flou de cette réforme, que l’impossibilité du pouvoir en place à proposer un horizon de justice sociale à notre peuple. Dès lors, cet horizon, c’est à nous tous de le dessiner le 5 décembre. Une date qui pourrait rester dans l’Histoire de la République, comme celle qui a réuni les Français de toutes les générations pour opposer ensemble un front du refus de la régression sociale. Nos concitoyens ont, en effet, l’opportunité de montrer à la majorité au pouvoir la réalité que vivent les prétendus « privilégiés » qu’elle fustige à longueur d’éléments de langage.


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