En Argentine, « les femmes exigent le droit à l’IVG »

Juan Solanas signe un documentaire qui montre toute la force du mouvement féministe et la levée progressive d’un tabou dans un pays où l’avortement illégal tue.

Après la Guyane, l’Uruguay et Cuba, l’Argentine pourrait être le quatrième pays d’Amérique latine à légaliser l’interruption volontaire de grossesse. Le président Alberto Fernandez, élu le 10 décembre dernier, y est favorable et présente ce mois-ci un projet de loi visant à autoriser l’avortement sans restrictions. Il reste à convaincre le Sénat, dont la majorité y est opposée.

Une situation que Juan Solanas connaît bien : en juin 2018, il filme la réalité des avortements clandestins dans son pays, mais aussi le mouvement féministe qui s’organise et envahit les rues. À ce moment, et c’est inédit, un texte similaire à celui présenté ces jours-ci passe en première lecture à la Chambre des députés. Approuvé, il sera finalement rejeté par le Sénat deux mois plus tard.

Depuis votre tournage de juin à août 2018, la société argentine a-t-elle passé un cap sur la question de l’IVG ?

Juan Solanas : La société ne peut pas changer d’une année à l’autre, mais on note une avancée sur la manière de parler de l’avortement. Avant que le projet de loi ne soit présenté à la Chambre des députés et au Sénat en 2018, personne ne parlait de ce sujet, aussi grave soit-il. Aujourd’hui, il est ouvertement discuté.

Le positionnement sur la légalisation de l’IVG n’obéit à aucune logique politique, aucun rapport de classes, de race ou de genre. Il polarise toute la société argentine.

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