L’université à l’épreuve du Covid

Déjà confrontées à un manque de moyens et de personnels, les facultés gèrent une rentrée chaotique sous l’effet de la crise sanitaire. Des enseignants tirent le signal d’alarme.

R ien n’a été pensé en amont, aucun enseignement n’a été tiré des erreurs commises au printemps dernier, aucun budget n’a été alloué aux aménagements nécessaires. » C’est ce qu’on appelle une déclaration sans concession. Elle émane des témoignages de neuf enseignant·es que la rentrée universitaire inquiète particulièrement, et vient heurter les certitudes indécemment affichées par la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Début septembre, cette dernière affirmait à deux journalistes du Figaro : « Les établissements sont prêts à recevoir les étudiants. » La ministre semblait oublier que les établissements en question n’avaient alors pas encore reçu la dernière circulaire de son ministère, détaillant « les recommandations sanitaires à même de permettre aux établissements d’organiser la rentrée universitaire dans les meilleures conditions et d’accueillir le plus grand nombre d’étudiants possible ». Elle leur sera communiquée le lundi 7 septembre, soit quatre jours après l’interview de Frédérique Vidal.

Loin d’apporter des solutions aux problèmes exprimés sur le terrain, le document donne aux établissements le choix de fonctionner comme bon leur semble, tout en les appelant à favoriser le présentiel. À l’université d’Aix-Marseille, on instaure un fonctionnement hybride, où les promos sont divisées en deux groupes. L’un assiste aux cours magistraux, l’autre les suit à distance, et on inverse les rôles chaque semaine. À Lyon-II, même fonctionnement, tandis qu’à Lyon-III on fait le choix d’exiger la présence de l’ensemble des étudiant·es, au mépris des mesures de distanciation physique. Les élèves mettront moins d’un mois pour lancer une pétition réclamant de pouvoir « bénéficier d’un système de cours à distance ». Elle récolte plus de 2 400 signatures. Un scénario similaire se déroule à la Sorbonne. Sur les réseaux sociaux, les vidéos de couloirs et d’amphithéâtres bondés se multiplient et le #balancetafac rencontre un franc succès. Les images d’étudiant·es assis·es par terre, on y est habitué. Mais, cette année, les vidéos choquent un peu plus qu’à l’accoutumée. Car les jeunes y portent un masque et prennent des risques en venant s’agglutiner en cours contre leur volonté. « Ce qu’on observe en cette rentrée, c’est une mise en lumière des problèmes que connaît l’université depuis longtemps, déplore une enseignante lyonnaise, la conséquence des politiques économiques qui y sont menées depuis des années. »

Le ministère de l’Enseignement supérieur refuse depuis la rentrée d’assumer la moindre responsabilité quant à la propagation du virus à l’université.

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