Dans les Ehpad, « les résidents se laissent mourir »

Les personnes âgées vivent un isolement psychologiquement éprouvant, et le personnel soignant, épuisé et en sous-effectif, s’alarme de la deuxième vague.

Plus que tout, les Ehpad craignaient un reconfinement généralisé, qui aurait eu un impact terrible sur les personnes qui y vivent. « Les à-côtés du Covid sont aussi dangereux que le Covid lui-même. Les résidents qui ne voient plus leurs proches n’ont plus d’objectifs et se laissent mourir », constate Michel Brousse, président de l’Union des familles et amis des personnes âgées (Ufapa). Malgré l’annonce du confinement, les visites en Ehpad seront donc toujours autorisées. « Une très bonne chose », selon lui, même s’il précise que la décision reviendra in fine aux directeur·trices en fonction des capacités de leur établissement. « Les familles ont besoin de se voir, mais il faut que les gestes barrières soient respectés », ajoute Michel Brousse.

Christian Dumas, aide-soignant et représentant CGT, est plus inquiet face à cette décision. Il y voit « une charge supplémentaire de travail alors que le personnel est épuisé et en sous-effectif constant ». Il ajoute : « Nous avons peur que les familles apportent le virus. 

Lors de la première vague épidémique, les résident·es étaient privé·es de vie sociale et isolé·es : confiné·es en chambre, sans accès aux pièces communes, sans visites de leurs proches, ils avaient des journées rythmées par l’entrée et la sortie des convois mortuaires. Une ambiance anxiogène pour les personnes âgées comme pour le personnel. « Il faut par tous les moyens éviter d’en arriver de nouveau à cette extrémité-là », confirme Fabrice Gzil, philosophe et chercheur spécialiste de la fin de vie. Pourtant, dans l’établissement de Delphine*, agent des services hospitaliers dans un Ehpad de l’Orne, les résident·es étaient d’ores et déjà reconfiné·es en chambre le 27 octobre, « à la suite d’un cas parmi le personnel ».

Il reste 75% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notfications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.