Dossier : Martin Winckler : « La médecine française est violente »

Violences obstétricales : En finir avec les « brutes en blanc »

Depuis que la parole se libère autour des violences gynécologiques et obstétricales, le mouvement féministe se bat sur ce terrain.

P our ma première consultation gynécologique, elle m’a inséré un spéculum en métal sans lubrifiant » ; « Il pilonne mon utérus de toutes ses forces malgré mes cris » ; « Je suis sortie en pleurs avec l’impression d’avoir été violée » ; « La puéricultrice m’appuyait sur le ventre debout sur un tabouret avec les deux avant-bras. » Imprimés sur de grandes pancartes, ces témoignages de femmes s’exposent à la vue de tous et toutes place de la République, à Paris. Dimanche 7 mars, veille de la Journée internationale des droits des femmes, associations et collectifs féministes s’y sont rassemblés. Caroline De Haas, figure emblématique du féminisme en France, est présente. Dès son arrivée, c’est vers le stand du collectif Stop violences obstétricales et gynécologiques -(StopVOG) qu’elle se dirige pour une poignée de main avec sa fondatrice, Sonia Bisch. « Le féminisme s’est attaché à un moment donné à extraire la femme de sa condition de mère. Il n’est donc pas entré dans les maternités ou les cabinets gynécologiques, retrace Sonia Bisch. Aujourd’hui, nous sommes unies dans une lutte globale contre l’oppression du corps des femmes. »

« Après un accouchement ou une visite chez le gynécologue qui les a mises mal à l’aise ou fait souffrir, beaucoup de femmes ne se sentent pas légitimes d’en parler et craignent qu’on les taxe d’ingratitude », explique Sonia Bisch, maman d’une fillette de 5 ans, qui garde un souvenir « traumatisant » de son accouchement. « Des personnes malveillantes ont pratiqué sur moi des actes médicaux à vif, des forceps, etc. J’ai cru mourir de douleur. » Des « brutes en blanc », pour reprendre le titre d’un ouvrage de Martin Winckler…

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